‹ Les langues dans l'Europe nouvelleChapitre 13 sur 122 · TURC · texte numérisé non relu

TURC

l'administration ; mais on y parle aussi le grec, l'arménien et les langues européennes ; ailleurs, les Turcs sont mêlés à des populations slaves et grecques. Les juifs de Turquie emploient un parler espagnol, qu'ils ont apporté d'Espagne quand. ils en ont été expulsés au xvi= siècle. En somme, il n'y a en Turquie d'Europe que quelques centaines de milliers de sujets de langue turque. Le turc ottoman s'écrit ; le vocabulaire de cette langue écrite et officielle est tout plein d'éléments arabes et persans. L'Islam a en effet deux grandes langues de civilisation, pourvues chacune d'une belle littérature, et qui ont servi d'organes à une 'pensée originale, l'arabe et le persan; 4e turc n'en est, pour toutes les choses de la pensée, qu'un reflet.

Les invasions turco-tatares ont laissé un grand nombre de parlers de ce groupe en Russie, dans le bassin de la Volga, notamment dans la région de Kazan', et aussi en Crimée. Les statistiques officielles donnaient pour les Turco-Tatares de la Russie d'Europe un chiffre d'environ quatre millions et demi d'individus.

Le turc et le fînno-ougrien ont des structures générales assez semblables; mais les deux groupes diffèrent absolument dans le détail, et rien n'autorise à les rattacher à une même famille de langues. D'autre part, les principales langues finno-ougriennes reflètent la culture européenne, tandis que les parlers turcs reflètent la culture de l'Islam.

D. — Groupe caucasique.

Il se parle sur le versant Nord du Caucase un grand nombre. d'idiomes très différents les uns des autres, tels que le lezghien, rabkhaz, etc. Ces langues sont, pour la plupart, médiocrement décrites, et l'étude linguistique n'en est pas faite. Elles semblent former une famille ; mais la preuve n'a pas été fournie par une étude complète. Chacune des langues n'est employée que par un nombre restreint d'individus. Aucune n'est une langue de civilisation ; aucune ne s'écrit. Plus encore que le basque, ce sont de simples survivances.

La famille caucasique du Sud, qui comprend le géorgien, le mingrélien, le souane et le laze, est plus importante; le géorgien, parlé par plus de 1300000 personnes, a une littérature depuis le x^ siècle ap. J.-C. ; et il continue de s'écrire. Mais il n'y a pas en Europe de groupes compacts appartenant à cette petite famille de langues.

Parlées par un nombre relativement faible d'individus, et très différentes les unes des autres, les langues non indo-européennes d'Europe ont un rôle étroitement limité aux populations qui les emploient; elles n'ont pas de valeur générale. Presque toutes perdent*^onstamment du terrain.

Page 1