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Famille eeltîqae

Pendant longtempvS le celtique a été regardé comme une plante entièrement étrangère au sol indo-germanique. On crut trouver dans le celtique on reste de la langue indigène de l'Europe ; et quelques observateurs prétendirent avoir découvert les liens de parenté du celtique avec le basque. Mais toutes ces erreurs disparurent avec Tignorance, et Tétude approfondie de la famille celtique a prouvé à l'évidence, que celle-ci doit être considérée comme une branche du grand tronc , dont la racine a pris naissance dans la population indienne, et qui s'étend actuellement depuis le fleuve du Gange, sur toute l'Europe, et sur toute T Amérique.

Prichard^ I%e ea^erm mrifim mf ike eeiiie nati^msi Oxt, 483 L — Pictet. De rmfimiiédeê lan-^ f^ts eetiipÊës mrec le samsàrii y Par. , i837. -^ IU>p(%, Uh€r ^ie etlHsckem Sfrmckem rom Gesiehisfmmài0 éer reryieiekemdem SprmckttisMemscha/tf im ^kà. J^r Beri. ^cmJ. J. TT. r. J. i838, mmi itêmmdtr* krrmmsff.^ 1839.

L'idiome celtique est la section indo-germanique la plus occidentale , abstraction faite des éléments indo*germaniques , qui furent implantés beaucoup plus tard dans l'Ile d'Islande et dans TAmérique. L'antiquité classique a vu la langue celtique beaucoup plus répandue qu'elle ne l'est aujourd'hui. Cet idiome se parle actuellement dans des localités assez restreintes , c'est-à-dire eu Irlande , dans la partie septentrionale et occidentale de l'Ecosse , dans les îles Hébrides, dans les îles situées entre l'Irlande et l'Angleterre , dans le pays de Galles {fVallis)^ et sur le continent, dans la presqu'île française connue sous le nom de Bretagne.

La majeure partie des Celtes d'aujourd'hui appartient par conséquent à la nation anglaise. Le célèbre Jacob Grimm dit, dans son Histoire de la langue allemande , p. 165 : <c On ne sait pas au € juste, si les Gaulois de la rive armorique ont tou- « jours été des continentaux, ou s'ils ont quitté « l'ile de la Grande-Bretagne? Quant à moi, je vois « partout l'immigration des peuples marcher en

< avant, et je préfère par conséquent l'opinion de

< ceux qui regardent les Bretons de la Bretagne ce française comme des indigènes continentaux. »

La branche indo-germanique , qui porte le nom des Celtes, a évidemment la première entrepris le

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long voyage depuis les montagnes Himmalaya. Sa langue aussi s'est éloignée, plus que celle des autres branches, de la grandiose langue sanskrit, de cette mère commune, de ce prototype qui se reflète plus où moins dans l'organisme de chacune de ces filles. . Pour ne citer que quelques exemples, les sons au commencement d'un mot changent d'une manière surprenante en celtique ; par exemple, en irlandais colamy pigeon : nominatif an eholam , le pigeon ; génitif na colaime, du pigeon ; datif do^n eholam; génitif du pluriel na geolam^ etc. Cette transfertmation est causée par la terminaison du mot précédent; mais souvent cette terminaison n'existe plus dans la forme actuelle de l'idiome, et ne s'est conservée que dans l'effet qu'elle avait produit sur le commencement du mot suivant. Il est donc trèfr-difiicile d'expliquer rationellement chaque fois ces singulières modifications celtiques , et sans les recherches ingénieuses du grand savant allemand François Bopp , on serait complètement ignorant sous ce rapport ; il reste , en effet , encore beaucoup à faire.

Les langues celtiques se divisent en deux aeotions distinctes, dont chacune embrasse trois langues, deux langues principales et une langue secondaire.

V La section kymrique ou bretonne ; elle eooh brasse le kymrique proprement dit ou le giillois , en anglais welche; Tidiome de Cornouailles se rapproche du kymrique ; enfin Tarmorique ou ba»breton dans la Bretagne française.

3* La section gallique ou gadhélique ; elle com» prend l'irlandais , le galiique proprement dit, l'idiome de la Haute - Ecosse ( l'idiome erse) , et le dialecte de Ttle Man.

Owen, ^ dicHonary qfthe welsh language , to which iê prejtxed a PFelshr Grammar ; 2 vol. , Lond., 1803. — La grammaire a paru séparément. — fFberterbucher von Pughe (2^ Ausg.); Lond.y 1832. — Richards, Lond., 1839, avec grammaire, etc. — Legonidec, Dictionnaire celto-bre' ton ou breton-français y Paris , 1839. — Legoni* dec , Grammaire eelto-lretonne ; Paris , 1837. — O'Reilly, Irish engl. dictidnary , to which is an^ nexed an Irish grammar ; Dubl. , 1817 -22. -*- O'Donovan , Grammar of the Irish language ; Dubl. , 1845. — Kelly, ^ practical grammar of the ancient Galic or language of the isle ofMan y Lond., 1803; Essex, 1806. —^ Cregeen, A dictionary ofthe Manks language^ Douglas, 1835. — Dictionarium scoto-celticum ; ji dictionary of

ihe Gaelic Innguage to which are prefixed an tntrodueiion , etc. , and a compendtum of Gaelic frammar : compiled and published under the direction of the Highland society of Scotland ; Il vols., EdiDb. and Lond. , 1828. — Steward, Eléments of ihe Galic grammar ; 2** éd., Edinb., 1812, etc:

La branche kyoïrique se distingue profondément de la langue galiquc. Parmi les langues galiques, celle des Irlandais a conservé la plupart des formes antiques , mais en même temps sa prononciation s'est énormément éloignée de l'écriture, plus encore que dans la langue anglaise^ et. les dégénérations phonétiques dans la langue gallique sont très-nombreuses. C'est surtout la voyelle i et les voyelles qui lui ressemblent (appelées faibles, smatty pour les distinguer des fnies, broad) qui détruit les consonnes environnantes, de sorte que même les consonnes suivantes subissent cette influence*

l/idiomo galique de TÉcosse , célèbre par les |>fHVsics que TÉcossais Macpherson a données pour baso à son Ossimm « est une langue plus jeune que ccllo do ririande. Les dialectes kymriques du conlinont ot do Tilo se ressemUent , et les habitants

de la Bretagne française comprennent la langue des Gallois anglais. A celle section kymrique du sud* ouest appartiennent les mots celtiques que bous reft*, controns chez les écrivains et dans les monomenU de Tantiquité, qui datent de l'époque où la nation celtique habitait la Gaule, une partie de TAllemagne et de l'Espagne , etc.

Les lois phonétiques qui séparent les langues galliques ou du nord*ouest des langues kymriques ou du sudH>uest , sont de date ancienne , et les deux sections étaient déjà réparées à l'époque qui a vu naître les premiers documents du celtique.

Du reste^ on ne sait rien du tout de l'idiome des Bretons anglais de l'antiquité. Horace et Varron expliquent le moi petorriium par les mots petor et ritum^ c'est-à-dire une voiture à quatre roues dont on se servait dans les batailles*; le mot quatre est représenté par petor ^ ce qui revient dans le mot actuel kymrique pedwar^ en armorique pevar^ tandis qu'en irlandais quatre se traduit par ceathair^ et en gallique ceiihir^ ici la gutturale primitive qui commence le mot s'est conservée. Il en est de même dans les phrases suivantes : Dioscorides, dans les premiers siècles après Jésus-Christ,

ircpi ûXviç caTpcxif}Ç9 UUmérO 4, 42 l irtvra ^XXov ; Pu/uiouoi

xcyxcfoXcoufi , ToXXoi ircfAirc^ouXa , pempedotUa ; en armo-

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rique pemp , en kymrique pump , en allemand fun/, cinq , mais en irlandais et en gallique cuig ; dmUaf du mot kymrique dâl^ dail , en irlandais iuilU p feuille ; de sorte que le mot pempedoula signifie cinq feuilles. Mais l'analogie nous défend de croire que toute la famille de ce temps-là ait prononcé p au lieu de k primitif (peior^ pemp^ comme en grec iricrupcç , irc^ici , pour les formes antiques quatuor et quinque , car la consonne labiale n'est que secondaire ) , et il répugne d'admettre qu'une partie de la famille ait repris plus tard la prononciation primitive. En tout cas, nous voyons dans ces exemples et dans quelques autres un accord surprenant avec les idiomes actuels de la race celtique.

Du reste, il serait superflu ici de perdre un mot sur l'abus étrange que les savants celto-manea ont fait à l'égard du celtique ; il suffît de dire que la fameuse glosse de Malberg n'est point celtique , mais franco-allemande. Voyez Jacob Grimm, J3miûire de la langue nllemande ^ sur la glosse de Malberg^ à la fin du premier volume.

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