FÉMININ
IfKUTBB.
blinda
bUndé
blinda
blindins
bUnddns
bUndtns
hlindin
blindôn
blindin
hlindan
blindôn PLURIEL.
blinda
blindans
blindons
blindôna
bUndanê
blindônô
blindôné
blindam
blindâm
blindam
blindans
blindons
blindâna
Ces formes sont abrégées , et les formes plus
PAIRE LETTO-SLAYE. 295
C(miplè(es existent par ci par là. Dans oeiles^ci , le n du pronom se trouvait aussi dans le nominatif du singulier et dans le datif du pluriel. Les substantifs faibles sont déclinés comme les adjectifs. Il existe des analogies dans les autres langues , mais ces formes exactes et rigoureuses ne se trou*yent que dans l'idiome germanique. Du reste , ce que je viens de dire du gothique, qui est la forme la plus antique du germanique, rerient aussi dans chaque dialecte.
Les langues germaniques doivent être séparées en deux sections d'après la loi de la transplantation des sons (voyelles) ; Tune de ces deux sections se compose des idiomes qui sont sur le même ni-* veau avec le gothique, l'autre embrasse les idiomes germaniques qui possèdent une transplantation plus large, c'est-à-dire le haut-allemand.
Quant à la langue gothique , j'en ai déjà parlé suffisamment. Un ouvrage très-utile s'intitule : Gablentz et Lœbe, Vlfilas. f^eteris et navi Testa» menti versionie gothicœ fragmenta , quœ supersunt cum glossario et grammatica lingum gothicœ. Altenb. et Lips. 1843-46.
A ceux qui commencent ces études, il faut re* commander : Hahn , Answahl aus Vlfilas mit
296 LAHGOES DE l'eUROPE.
woerterbuch und grundrisê der yramm. Heidelberg, i849.
Le gothique doit être étudié dans les fragments de la traduction gothique de la Bible , faite par OuUilas ( mort en 388 ). La grammaire germanique n*a trouvé une base solide que dans la langue gothi(|ue, et on a réussi à ériger sur elle un édifice scientifique tellement parfait sous tous les rapports , qu'aucune autre nation n'en possède de semblable. Mais ce magnifique idiome des Germains orientaux s'est éteint.
Regardons d'abord les langues qui montrent une transplantntion égale au gothique. Ces langues peuvent ôtre classées Tune sous Tautre ; il faut distinguer avant tout les langues allemandes ( les langues der Deutsclien), c'est-à-dire les langues indigùnes du continent^ et les langues de la Scandinavie ou les langues nordlandaises. L'idiome du nord Scandinave possède deux signes particuliers : les Mufilxcs de Tarticle et la flexion passive.
L'article qui s'accroche au substantif, se forme ttvoc lo pronom démonstratif hinn , hin , hit. De U)^iuo on a ajouté aux verbes un pronom réflexif , vl lu signiiioalion médiale est devenue plus tard uuo signification |>a$sive. Le même phénomène s'est
manifesté en latin ; mais en lithuanien la signification «réflexive {médiate) s'est maintenue; et en slave , le passif est souvent remplacé par le médium.
Voici quelques exemples : nominatif du singulier, svein-inUy eign-inn^ skipAij le garçon^ la propriété, le navire ; génitif, svein-ins^ «lynar-innar, skip-m, etc. — Le présent de Taotif, brennij brennisj brennir^ brennum^ etc., brenne^ brennesi, etc. Passif , brenni'St , pour toutes les personnes du singulier : je brûle,tu brûles, etc. je suis brûlé^etc; en pluriel, brennum-at^ le passé de l'actif^ brmM^ brannl€j brendum (nous) , brannten^ etc. Passif, brendi'St, brendum-st, etc., j'ai brûlé, noua avons brûlé, etc. ; j'ai été brûlé, etc.
L'idiome antique du nord Scandinave possède encore aujourd'hui une organisation primitive dans sa grammaire. Presque toutes les poésies du célèbre recueil, nommé Edda, datent évidemment du paganisme ; il en est de même des discours en prose. Cette langue antique du nord Scandinave , transférée de Norvège en Islande , existe encore aujourd'hui à peu près dans sa figuration primitive sur cette lie des glaces, qui est si éloignée du monde civilisé, tandis que le suédois, et surtout le danois, deux idiomes qu'on peut appeler les représentants
298 LANGUES DE l'eUROPE.
du nordlandais moderne, se trouvent actuellement dans un état qui a subi beaucoup de modifications et d'affaiblissements. Les langues delà Suède et du Danemark possèdent également Tarticle suffixe , et le passif formé à TaidB du pronom réflexif, L*idiome danois, comme l'idiome haut -allemand -moderne, a très-souvent remplacé a par e^ c'est-à-dire il a perdu sa sonorité primitive. En outre ^ le danois a déprimé au niveau d'un simple dialecte local la langue norvégienne , avec laquelle il était lié par une étroite parenté. Ajoutez-y aussi l'idiome dtM lies Frîfrflîr ( prononcez jFaiV^wcr), et Tidiome des lies Shetland et Orkney, qui renferment quelques éléments galiques.
Haldorsonii, Lexicon Islandico-latino^danieum, édit. Rask; Kopenh. , 1814. Rask , Kortfattet J^eiledning til det old nordiske eller garnie islandske Sproff., Kopenh., 1832, en allemand par Wienbarg , Hamb., 183» ; en anglais , par Webbe Dasent , Frankf. , 1843 ; Sjoborg , Schwedische Sprachléhre fur Deutsche ( 5«« Aufl. ), Strals., 1841. \À^\x\^^ Ausfuhrlxche schwedische Grëmmaiik mit Chrestomathie und PFoerterbuch.
Stockholm, 1840, etc. — Grammatiken^ v. Rask., Kopenhagen, 1830. ~ Strodtmann, Altona, 1830;
— Petersen , Kopenh. , i830. — v. Schepelern ^ Scblesw., 4831, etc. — fVœrterb., v. Gronberg, Kopenh., i836-39 (2^^ Ausg. )
Molbech, Kopenh, i833, mit Supplemenien y.
Baden, 4834, et Dahl, 4834-35 , etc. — Hansan , Tysk. norsi. Haand. Oribog^ Christiania , 4840.
— Hais , ISorsk Sproglaere , Christ. , 4836. — Schram , Principes de la langue danoise et norvégienne, Kopenh., 4839.
La langue anglaise avec beaucoup de dialectes , parmi lesquels celui des Écossais est important, domine en Grande-Bretagne, là où elle n'a pas encore effacé la langue celtique de la Haute-Écosse , du pays de Galles ( FFates^ prononcez Ouailes ), de nie Man et de l'Irlande. En outre l'anglais se parle dans toutes les parties du monde. C'est une langue issue de la souche anglo-saxonne.
Les Anglo-Saxons ne sont entrés dans la Grande- Bretagne que vers le milieu du cinquième siècle , et ils nous ont laissé une foule de livres. Le trésor étymologique de la langue anglaise a adopté plusieurs mots des indigènes celtiques , et beaucoup plus encore des conquérants romanisés , c'est-àdire des Franco-Normands. L'anglais porte toujours le type anglo-saxon , mais en même temps il
300 LANGUES DE l'eUROPE.
est d'une pauvreté extrême quant aux terminaisons grammaticales.
Presque tous les mots germaniques sont devenus des monosyllabes, et la prononciation diffère énormément de récriture ] ce qui prouve que la langue d'une nation historiquement importante peut dégénérer avec une rapidité incroyable.
L'ouvrage lexical le plus important est celui du docteur Samuel Johnson , 4755 : Dictionary of the english language, complété par Foord, 4818; 4 volumes, Londres ; 1828, 2 volumes, Heidelberg. Il faut aussi citer les lexicographes Walker (1832), et Webster (1842), dont le premier a fait beaucoup d'eflbrts pour établir une bonne orlhoépie. Du reste, les Anglais n'ont pas encore une grammaire vraiment scientifique. Parmi les grammaires pratiques , à l'usage des écoliers , il faut mentionner celle d'un Allemand, Haeussy (1842, Parchim).
Sur le continent l'idiome anglo-saxon n'existe plus, mais il a laissé des idiomes-frères parmi les dialectes de la Basse - Allemagne. Un voisin -de l'anglo - saxon et do Tancien nordlandais est H- Uiome frison, qui diffère beaucoup des autres dialectes bas-allemnnds. Wiarda, Alftie^isches Wôr-
terbueh, Zurich und Bremen^ 1786. — Hetlema, Proeve van eenfritach en nederlandsch woorden^ boek. Leuward , 1832. — Outzen , Glossar der friesisehen Sprache, besonders der nord/riesischen Mundart. Herausgeg^ v. Engelstoft u. Molbech, Kopenh., 1837. — v. Richlhoven, Altfriesischee fVdertérb.^ GoU., 1840. — Rask, Frisisk sprog^ laerej Kopenh., 1825. Hollàndisch von Hettema, Leuward , 1832. Deutsck , v. Bues. Freiburg,
Le frison ancien , qui n'est connu que par des documents de Tépoque du baul-allemand-moyen, manifeste pourtant une organisation primitive, qui se rapproche du haut-allemand-ancien. Au moyen âge ridiome frison » dans ses trois divisions de Test, du nord et de l'ouest, dominait dans la vaste contrée au bord septentrional de l'Allemagne , entre le Rhin et l'embouchure de l'Elbe , de sorte que cet idiome se parlait même au nord de l'embouchure de l'Elbe; mais il a cessé d'être une langue littéraire, depuis que son peuple se trouve incorporé à la Hollande, au Danemark et à TAllemagne proprement dite. A l'heure qu'il est cet idiome se parle surtout dans la Frisonie occidentale et orientale, y compris les petites îles voisines, tandis
que la langue de la Frbonie septentrionale » au bord occidental du Sleswîg et sur les Ues voisines, a subi beaucoup de modifications.
Le reste , appartenant à la première classé des langues germaniques , peut être compris sous Is nom de bas-allemand. Il faut citer surtout le néer* landais , appelé par les indigènes nederduiisch , c'est-à-dire bas-allemand, et Tidiome bas^allemand proprement dit, c'est-à-dire celui qui n'appartient pas à la Belgique ni à la Hollande. Le néerlandais ne s'est montré que dans un temps assez récent comme une langue littéraire, et fleurit aujourd'hui sous le nom de hollandais et de flamand , dont surtout ce dernier possède plusieurs dialectes. Le hollandais et le flamand sont identiques, mais leur orthographe diffère l'une de l'autre.
Kramer, Neder-Hooff^Duitsch en Hêôff-jPfedêr' Dtdtsch fFordenboek, zuletfui v. Titiuê,Al%A^ À plusieurs modernes. — Yan Jaarsveldt^ ITheort^ tisch practische und vergleichende hallàndisehé Sprachlehre fur Deutsche / Amst., 1838, et beau* coup d'autres de Bilderdijk, Fleischauer, Otto, etc. — Des Roches, Anvers, 4846-24. — Boone, Hazebrouk, 4841. — Olinger, Malines, 4842, Diction' nuire flamand - français et franc.'- flam. , etc.
— Des lR.oche^yNouv. grmmm. franc, et flamande^ Anv., i826. — Heiderscheid^ F^laernsche sproekkunst; Mechein, 4843.
Après avoir parlé des Frisons et des Néerlandais, nous arrivons aux Saxons, entre le Rhin et le Véser, entre le Yéser el l'Elbe. Il ne faut pas faire distinction entre les Saxons et les Vestphaliens. Les documents de l'ancienne langue saxonne de l'époque du paganisme n'existent plus , mais nous possédons encore un poème ( le Sauveur , Héliand ), qui daie de la première époque chrétienne. L'idiome de ce poème a été parlé aux environs de Munster, Clèves et Essen ; il y a dans lui quelque chose qui rappelle le néerlandais et l'anglo-saxon, sans toutefois être identique avec ces deux idiomes. On ferait bien d'appeler idiome bas-allemand cet idiome saxon dans une époque plus récente. L'idiome bas-allemand-moyen a pris naissance, là où se trouve aujourd'hui l'idiome connu sous le nom de platt'deutêchy c'est-à-dire un idiome qui doit être mis à côté du haut- allemand-moyen et du néerlandais-moyen.
Schmeller , Glossarium saxonicum e poemate Héliandy etc. ; coUectum cum voccbbulario laiino^
stueonico ei aynopsigrammaiica^ Monach. et Stottg., 1840. — Fêrsuch eines hremiseh'niedersaechsi'' schen ff^orterbuchs herausg. von der bremischen deutscken Gesellschaft ; Bremen , i767 - 7i. — FoUbeding, Kurzgefasstes TVofterbuch derplatt' deutêchen Mundart ^ Zevhsij iSO&.
Le saxon ancien , le bas-allemand-moyen et le platt-allemand (plattdeuisch) sont par conséquent trois degrés, qu'il faut distinguer selon les siècles dans les dialectes de TAllemagne septentrionale et occidentale. Le platt-allemand se parle dans la contrée saxonne. Les autres dialectes qui appartiennent au bas-allemand, dans les pays orientaux de rAllemagne septentrionale , où les indigènes slaves ont été remplacés par des colons allemands, n'occupent qu'un rang secondaire ; du reste les Slaves germanisés parlent aussi des dialectes hautallemands ou allemand-moyens.
Des lois phonétiques particulières caractérisent le haut-allemand. Dans le haut-allemand - ancien
on trouve entre autres l'instrumental , qui s'est effacé dans l'idiome gothique ; ce qui prouve que le haut -allemand -ancien existait déjà à une époque où la langue gothique était arrivée à son développement.
« La transplantalion des sons, dit Grimm , ne s'est pas manifestée avant le cinquième et le sixième siècle ; au huitième et au neuvième siècle on trouve des mots qui montrent la première transplantation, ce qui prouve que la deuxième n*avait pas encore pénétré le fond même de la langue. » (Voyez son Histoire de la langue allemande^ pago 483, etc. ) Cette observation peut être faite entre autres dans les documents littéraires, intitulés: la Prière de Fessobrunn et le Chant de Hildé" brand.
Quant au développement ultérieur de la transplantation ou relation des sons qu'a subie le hautallemand, elle se manifeste principalement par lo zeis (sz) , tout à fait étranger au bas-allemand-* ancien, pour remplacer le /primitif; elle se ma* nifeste aussi par une diversité radicale dans les voyelles, etc. Le haut-allemand , très-riche en monuments littéraires de tous les âges , peut être séparé en trois dialectes : le souabe, le bavaro-autrichien, et le franconien , tant franconien oriental que franconien occidental ou franconien rhénan. Cette séparation se fait valoir autant dans le hautallemand - ancien , depuis le septième jusqu'au onzième siècle, que. dans le haut-ailemand-moyen jusqu'au temps do Martin Luther. Par la réforma-
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tien ecclésiastique de Luther , ridîome haut-allemand -moderne est devenu prédominant; c'était d'abord le dialecte haut • allemand d'une contrée peuplée par des Slaves germanisés. On a tort d'appeler allemand ' moyen ce dialecte et quelques autres dialectes actuels ; un allemand - moyen ne peut pas exister, car de deux choses l'une : ou un dialecte se trouve placé sur le deuxième degré phonétique, c'est-à-dire il esi haut-allemand , ou il ne s'y trouve pas, c'est-à-dire ce dialecte est bas-allemand. Du reste , les savants slaves ont peut-être raison , quand ils disent que le noble essor de la langue allemande littéraire d'aujourd'hui a pris naissance dans le fait bien connu , que ce dialecte allemand était parlé par la bouche slave} le district de Misnie (Meissen), dont la langue a été élevée par Martin Luther à la langue universelle de la littérature allemande , était en effet une partie de l'ancien pays slave des Sorbes.
En Italie^ on donne également la préférence au dialecte toscan parlé par la bouche romaine {dialetio toscano in boeca romana ).
Quand on compare^ on trouve dans le haut-allemand -moderne les traces les plus visibles, telles que le développement historique imprime toujours à l'idiome d'une grande nation. Les voyelles so-
PklfiÈ LETTO^SLAVE. 307
nores se sont effacées , et sont devenues un simple e^ mais sous le rapport de la grammaire, lehaulallemand-moderne e8t resté supérieur à l'anglais ; il est devenu à peu près égal au néerlandais et au danois , mais il est devenu inférieur à la langue suédoise, si riche en combinaisons sonores et énergiques.
Quant aux dialectes bas-allemands et haut-aile*
manda , qui diffèrent de la langue allemande litté* raire , ils ont été dorades au niveau de simples patois ; la lang^ue littéraire cependant fait, quelquefois bien d'adopter telle expression de tel patois allemand^ et on peut dire que cette opération contribue à maintenir son sang littéraire dans une bonne et rapide circulation. L'orthographe des
mots devrait être simplifiée ; je ne vois pas non plus pourquoi on se sert d'une grande lettre ini«-
tiale au commencement d'un substantif, et je crois
que les caractères allemands pourront très- bien
^tre remplacés par les caractères latins. Ce sont
des réfofinesi qae les Allemands n'auront qu'avec
un ptiiséant développement national el politique.
308 LANGUES DE l'eUROPE.