‹ Les langues perdues de la Perse & de l'Assyrie ... AssyrieChapitre 7 sur 13 · II · texte numérisé non relu

II

Parmi les découvertes de Taylor à Mogâyir, nous ne devons pas omettre celle d’un petit oratoire situé à l’angle oriental du grand temple. On y trouva deux arches demi-circulaires percées dans l’épaisseur du mur et admirablement conservées ; les angles des briques avaient été abattus pour former les voussoirs.

« in the solid masonry ; it had been placed in a niche formed « by the omission of one of the bricks in the layer, and was « found standing on one end. I excavated some little distance « further without any success and then relinquished this corner « for the N. W. one. Here, also, I found a second cylinder « similar to the one above mentioned, but at 12 feet from the « surface. At this corner I sank a shaft 21 feet deep by 12 « broad. The sun-dried bricks, composing this solid mass within, « were here of an amazing thickness ; their size was 16 inches

« square and 7 inches thick . Having thus found two

« cylinders in the solid masonry in two corners I naturally con- « cluded the sarne objects would be found in the two corners « still remaining. I sank a shaft in each and found two other « cylinders precisely in the same position and in the same kind « of structure, one at 6 and the other at 2 feet from the sur- « face. This is easily accounted for, when looking at the « irregular surface of the ruin, which at the S. E. corner and « S. si de generally, has been subject to greater ravages from « rain than the other sides, owing to the great dépréssion of « the surface towards these points. » (Voy. Taylor, pp. 263-64.)

BABYLONE ET LA CHALDÉE

L’existence d’un cimetière antique fut également prouvée par l’éuorme quantité des tombes. Le mémoire de Taylor s’étend sur ce sujet avec raison ; c’est une des parties les plus intéressantes de ce travail.

De Mougâyir on distingue nettement les monticules d ’ Abou-Shareyn. Taylor y entreprit bientôt des fouilles sans obtenir de grands résultats ». L’aspect en est très particulier. En venant du H averti, la ruine a l’apparence d’un fort démantelé, entouré de hautes murailles et flanqué d’un donjon à l’une de ses extrémités. Elle est située sur une éminence qui semble émerger du lit desséché d’une mer intérieure, tandis qu’elle est, au contraire, dans une vallée profonde dont la plus grande partie est couverte d’un enduit nitreux ; çà et là apparaissent quelques vestiges d’alluvion où poussent de rares arbrisseaux. La vallée est entourée à l’est par la petite chaîne de montagne appelée

i Cette découverte fut annoncée par sir H. Rawlinson et consignée dans \' Annual Repur t of the R. A. S., vol. XV, part I, 1854. — Voy. l’article de Taylor dans le Journal of the Royal Asiatic Society, vol. XV, part II, p. 404. 188^.

le Haiem. Les ruines surgissent de la plaine, dégagées de ces masses de décombres qui embarrassent habituellement les abords de lieux semblables. Elles consistent en une plate-forme

supportant un mur percé de trois ouvertures (la place ancienne des portes) ; à 1 angle nord s’élève un grand édifice de forme pyramidale, composé d’une masse solide de briques sechees

au soleil qui n’avaient rien à envier à la pierre

comme solidité 1 . Taylor, avant de \isiter Abou-Shareyn, fouilla pendant deux jouis Tel-el-Lahm , à trois heures au sud de Souk e Scheyoûkh. — Les deux monticules sont réunis par une chaîne de collines. La, les îecher-

ches ne rencontrèrent que des cercueils.

En nous reportant au rapport de M. Mohl, dont nous nous sommes servi au sujet de la perte regrettable des antiquités assyriennes (voy. supra, p. 7 6), nous lisons les lignes suivantes : « M. Rawlinson a examine a « son tour, et après l’ expédition fiançaise, « les localités de Babylone. » L’éminent

i Nous renvoyons à Taylor pour la description complète ; voy. son M:m., pp. 405 et suiv.

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orientaliste, l’imagination pleine des descriptions désordonnées qui faisaient de l’emplacement de Babylone un amas confus de décombres, accumulés à des points incertains, semblait douter de la fécondité de ces recherches. Un esprit méthodique, avec la connaissance exacte des lieux, devait pourtant s’y reconnaître et attaquer les travaux avec sûreté et succès.

Pendant l’automne 1854 (octobre et novembre), Sir H. Rawlinson, ayant sous ses ordres M. Tonietti, et travaillant pour le compte du Musée Britannique, conduisit des fouilles au Birs-Nimroud avec une habileté et un bonheur merveilleux. Les textes produits furent soumis immédiatement au déchiffrement, et livrèrent la grande Inscription de Borsippa sur laquelle nous reviendrons plus tard '. Nous renvoyons au Mémoire du savant anglais ; mais la découverte des « commémorative cylinders », analogue à celle des cylindres de Nabonide à

1 On the Birs-Nimroud or the great Temple of Borsippa. Voy. Journal of the Royal Asiatic Society, vol. XVII, part II, 1860 (lu le 13 janvier 1855).

Mougâyir, est trop curieuse pour ne pas être relevée ici.

Ayant reconnu, à certains endroits, que les murs extérieurs de l’édifice primitif étaient déblayés et que la façade S.-E. du troisième étage était complètement dégagée de façon à laisser les angles à nu, Sir H. Rawlinson établit des ouvriers à chacun de ces angles, en leur recommandant de déplacer une à une les briques formant le coin, et surtout de s’arrêter, lorsqu’ils auraient achevé ce travail. Une demi-heure s’était à peine écoulée, qu’il fut appelé à l’angle sud où les ouvriers avaient atteint la dixième rangée de briques au-dessus de la plinthe, limite assignée à la besogne préliminaire. Les briques, posées sur un simple lit de terre rouge, avaient été facilement enlevées. Les ouvriers, tant de fois trompés dans leur attente, regardaient la manière dont Sir H. Rawlinson allait procéder, et ne dissimulaient pas leur incrédulité, la démolition d’un mur solide ne leur paraissant pas promettre de bien fructueux résultats.

BABYLONE ET LA CHALDÉE

Arrivé sur les lieux, Sir Henry s’occupa d’abord de fixer un compas prismatique sur la brique inférieure restant de l’angle original, par bonheur, assez saillant pour offrir un point d’appui solide qui permettait d’obtenir la portée magnétique exacte des deux côtés ; ordre fut ensuite donné de reprendre le travail. A peine la rangée de briques suivante était-elle attaquée que les Arabes reconnurent l’existence d’un Kha^eneh, ou trou à trésor; en effet, dans le coin, à la profondeur de deux briques de la surface extérieure se trouvait un espace vide, rempli à moitié de sable rouge. « Déblaye i le sable , dit Sir Henry, et apporte ^ le cylindre. » L’Arabe, en tâtant avec sa main dans la cavité, saisit et retira un beau cylindre d’argile dans un état de conservation parfaite !

L’anode est fournit de la sorte un autre

cylindre; mais là s’arrêtèrent les découvertes. Les anodes nord et ouest avaient été fort en-

dommagés, et les cylindres avaient dû rouler au milieu des décombres et se perdre au pied du monticule. — 11 résultait de cette expé-

rience qu’on pouvait établir comme règle — que toutes les fois qu’on arriverait à dégager les angles d’un temple assyrien ou babylonien, on trouverait les cylindres de fondation déposés dans une cavité du mur, aux quatre angles, du premier tiers à la demi-moitié de la hauteur de l’étage, et à un ou deux pieds

de la surface extérieure .

Ici se trouve close l’ère des fouilles en Assyrie et en Chaldée. Les tranchées de Koyoundjik, de Khorsabad, de Nimroud étaient comblées ; les explorateurs revenaient en Europe 1 . Nous allons porter désormais notre attention tout entière sur le travail de déchiffrement et d’interprétation. Seules, l’Angleterre et la France avaient enrichi leurs musées des dépouilles opimes de l’Assyrie et de la Chaldée, comme le disait M. Molli; nulle autre nation n’avait suivi cet exemple.

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