‹ Les langues perdues de la Perse & de l'Assyrie (volume 2)Chapitre 11 sur 20 · D A K H B U SCH · texte numérisé non relu

D A K H B U SCH

Pour déchiffi-er le nom de Xerxés, Grot^fend se souvint du grec Sgp^yjç, dont toutes les lettres se trouvaient en rapport avec le groupe à déchiffrer ; dans ce groupe, il n'y avait d'inconnu que le premier signe auquel il donna la valeur de l'aspirée Kh,

KB SH A R SCB A.

D'après cette première lecture, il n'y avait encore de mal lu que le même signe. Les travaux ultérieurs ont établi que ce nom était identique à la transcription hébraïque tt^TlIU^nK dont on a formé le grec 'Ao-coùepoç et le latin Ahasvérus, C'est ainsi que les inscriptions achéménides ont permis de reconnaître le véritable nom du roi des Perses, mentionné au livre

à^Esther que l'on avait confondu pendant longtemps avec Artaxerxés, à cause sans doute du M prosthétique ' .

Enfin, pour expliquer le troisième groupe,

dans lequel Grotefend voyait le nom d'Hystaspe, père de Darius, il eut recours aux Livres zends qui donnaient le nom de Vitaspa à un personnage célèbre auquel les Persans modernes ont conservé le nom de Gustasp, et que l'on assimilait au père de Darius. Quelque erronée que fût cette assimilation, la ressemblance nominale n'en subsistait pas moins et apporta pour le groupe C la transcription suivante :

6 O SCH T ASP.

Les deux inscriptions devaient donc être lues, la première :

Kbscharscha, roi des rois,filsdeDarheuschy etc.

1 OpperT, Lu inscriptiotii des Achéminides, etc., p. 268.

ÎIÔ LES LAKGCES PERDCES

Le mot roi se trouvait être un génitif pluriel pour répondre à cette formule roi des rois; Grotefend avait pour l'inflexion grammaticale quatre caractères, et consultant les inflexions du Zend autant qu'on pouvait les connaître alors par les ouvrages d'Anquetil Duperron, il lisait l'inflexion êtschâo. Nous verrons plus tard comment cette importante lecture s'est trouvée rectifiée. — La seconde inscription donnait :

Darheuscb, roi des rois y fils de Goschtasp, etc.

Par cet exposé, on peut voir que le procédé de Grotefend est indépendant des observations philologiques de ses prédécesseurs. Tandis que Tychsen et Mùnter avaient usé leur science pour asseoir la valeur de quelques lettres douteuses, Grotefend parvint à lire d'un seul coup une phrase tout entière '. Quoi qu'il en soit, les mots qu'elle contenait ne donnaient que douie lettres et des groupes inarticulés qui pouvaient signifier fils et roi. Il fallait cependant aller plus loin.

I Grotefend avait choisi pour objet de ses recherches les deux petites inscriptions de Niebuhr b et G.

LÀ ;.ÊCTÛRË îît

Au milieu de toutes ces inscriptions et de tous ces bas-reliefs plane une figure ailée, c''est la figure d'Ormuzd. Ce fait est constant aujourd'hui, et pourtant cette figure a été prise pendant long-temps pour le Férouêr du roi. Les Férouërs, dans la religion des anciens Perses, sont à la fois des divinités inférieures, et l'expression la plus parfaite, le type de la force créatrice appliquée à un objet particulier; mais lorsque ces types prennent un corps, c'est celui d'une jeune fille. Les Férouërs sont des génies femelles et leur figure ne saurait se reconnaître dans ces corps virils , ornés d'appendices ornithomorphes qui représentent la Divinité.

Le nom d'Ormuzd (Auramaidâ?) est d'ailleurs écrit sur ces monuments autour de ces symboles ; Grotefend le lisait ainsi :

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