‹ Les langues perdues de la Perse & de l'AssyrieChapitre 13 sur 14 · IV · texte numérisé non relu

IV

Les études assyriennes ne pouvaient rester le monopole de la France et de l'Angleterre ; lorsqu'elles se répandirent en Allemagne, toute discussion sur les principes de la lecture et de l'interprétation était devenue impossible. Si le développement n'a pas été aussi considérable dans les autres pays, nous en avons indiqué les causes d'une manière générale ' . Nous allons voir l'assyriologie, sous les mêmes influences, poindre et disparaître, ou prendre tout à coup une extension subite.

Mentionnons d'abord son apparition en Espagne où elle n'a pu s'acclimater encore, malgré un sympathique accueil. Dés l'année

I Supra, p. 228.

jiô LES laîîgCeS Perdues

1859, Don Vicente Vasquez Queipo, sénateur du royaume d'Espagne, avait fait servir les résultats alors acquis à une étude sérieuse sur le système métrique des anciens peuples *, en appuyant principalement ses recherches sur l'examen des deux séries presque complètes des poids découverts par Layard et déposés au Musée Britannique ' . On sait que ces deux séries se composent de poids de différentes espèces sur lesquels la valeur est notée en chiffres assyriens accompagnés de transcriptions araméennes. — La première série comprend quinze poids en bronze, ayant la forme de lions accroupis, et reposant sur un petit socle où sont gravées les unités de poids. — La deuxième est représentée par des oies en pierre, ayant la tête tournée sur le dos, et portant également l'indication de leur valeur numérique. Les conclusions que le savant espagnol a tirées de l'examen de ces séries, lui ont permis de rattacher les mesures

1 Don V. VAsauEZ Qjiejvo, Essai sur le système métrique et monétaire des anciens peuples^ t. I, p. 267. Paris, 1859.

2 Layard, Nineveh and Babylon, p. 601.

ITALIE î t î

assyriennes à l'ensemble du système métrique des anciens peuples de l'Orient.

En Italie, les études assyriennes ont fait une apparition malheureusement très passagère.

Le D*" Felice Finzi, enlevé prématurément à la science, abordait dès l'année 1870 l'enseignement de l'assyrien à l'Institut de Florence, et publiait bientôt un long travail de recherches sur l'antiquité assyrienne ' . Il ne pouvait naturellement, en débutant, se dispenser de mettre le public italien au courant des travaux accomplis ; il les a résumés avec une grande netteté dans l'Introduction et s'est consacré dans le cours de l'ouvrage à une étude de la géographie de l'Assyrie et de la Chaldée d'après les textes ; il a pénétré ensuite dans le domaine si obscur de la mythologie.

Je ne dois pas oublier une brochure du D^ GiusEPPE Massaroli 2, docteur en théologie sacrée et curé de Faenza, sur une question

1 Finzi (Felice), Richerche per lo studio dell' Antichitd assira. Roma, 1872.

2 Massaroli (Giuseppe), Phul e Tuklt-pal-asar. Roma, i88».

biblico-ass3rrienne soulevée à propos de la présence du roi Phul signalé dans les textes bibliques, et dont les inscriptions ne nous ont pas encore révélé l'existence d'une manière certaine. Cet écrit ne pouvait toucher aux documents assyriens qu'en s'appuyant sur l'orthodoxie la plus pure, sans quoi il n'aurait pas reçu Vimprimatur et n'aurait point eu les honneurs de l'imprimerie polyglotte de la Propagande,

En Suisse, M. Grivel, de Fribourg, a fait connaître une inscription du Musée de Zurich provenant des fouilles du palais de Nimroud.

Il a donné plusieurs articles intéressants, entre autres un aperçu sur l'ancien idiome de la Chaldée, intitulé le plus ancien Dictionnaire ' , N'oublions pas une communication à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sur Nemrodet les écritures cunéiformes *, lue par A. de Longpérier dans la séance du30 juin 1874.

1 Extrait de la Reiniede la Suisse catholique^ août 1871. a Voy. Rci'ue critique, 1874, p. 9).

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