‹ Les langues perdues de la Perse & de l'AssyrieChapitre 3 sur 14 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

Vesprit d'analyse. Cette grande curiosité, hfeilUe tout d'abord par l'inconnu, bientôt calmée par l'abondance des faits acquis et acceptés, on put aborder plus froidement les travaux et essayer de créer une méthode. Il fallait encore triompher de bien des doutes et persuader en démontrant. — C'ed alors que M. Menant se voua au laborieux dépouillement des nombreux signes de l'écriture assyrienne et qu'il les présenta dans un ordre méthodique, avec la justification des valeurs acquises, — M. Oppert, ajoutant aux mémoires de MM. Hincks et Rawlinson ses observatiens personnelles, exposait l'ensemble de la Grammaire assyrienne. — Edwin Norris préparait le Dictionnaire assyrien et s'absorbait dans cette tâche ingrate de « Compiler » .

Pendant cette période (i8^7'i86y)j MM. Oppert et Menant se trouvaient, en France, les seuls représentants de Vassyriolog'e. Ce fut

eti 1868 que F. Lenormant apporta le précieux concours de son activité et de son érudition dont la science a été trop tôt privée.

En Angleterre, Sir H. Rawlinson, à cause de ses occupations politiques, avait cessé de bonne heure de prendre une part active aux recherches; mais il continuait néanmoins à surveiller la publication des grands recueils auxquels il a attaché son nom. Les vieux maîtres, Hincks, Fox Talboty Norris, disparaissaient peu à peu ; George Smith était enlevé prématurément au début de sa courte et brillante carrière. Le D^ Sayce remplace avec éclat ces morts illustres et groupe autour de lui une jeunesse studieuse, — Citons au premier rang, parmi les jeunes assyriologues anglais^ M, Th. Pinches, attaché au Department of oriental antiquities du Musée Britannique,

Les études assyriennes parurent tout d'abord

PRÉFACE Xm

exclusivement réservées à la France et à V Angleterre, Ce ne fut quen i86^ quelles s'affirmèrent en Allemagne par la publication d'un mémoire du D** Eberhard Schrader, dans lequel V auteur prouva la solidité des bases du déchiffrement, parvint à dissiper les doutes et à faire accepter les résultats acquis. Ne cherchons pas à pénétrer les causes de cet accueil tardif. Depuis lors, les études assyriennes se sont rapidement développées et sont dignement représentées par MM. E. Schrader et F. Delitisch,

L'Angleterre s'était préoccupée, dés le début, des concordances qui pouvaient exister entre les textes cunéiformes et les récits bibliques. On retrouve cette tendance plus fortement accusée dans ï école allemande, et elle caractérise un de ses côtés les plus brillants.

Dans les autres pays, nous voyons le monde scientifique rester asse\ indifférent à ces hautes

Spéculations ; si parfois un esprit supérieur s'applique momentanément à l'étude des textes cunéiformes, sa tentative reste isolée.

Cest en Amérique que sont concentrés jusquici les efforts les plus sérieux. Il s'y forme une école avide avant tout de connaître les faits et d'en tirer des conséquences. Les mêmes préoccupations, que nous avons signalées en Angleterre et en Allemagne, se retrouvent aux États- Unis avec une intensité plus grande. Ce n'est certes pas en vue d'une discussion purement philologique que les pasteurs se réunissent dans leurs assemblées des summer-schools pour entendre d'arides lectures sur les textes cunéiformes ; mais la linguistique saura tirer profit de cette curiosité intéressée. Quelques esprits, d'abord attirés par la nouveauté, seront gagnés à Vétude austère des documents originaux. Le D^P. Haupt, depuis son arrivée aux États-Unis, a déjà conquis

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