‹ Les Lapins Rex: Origine - Génétique - ExploitationChapitre 14 sur 27 · DAC TE · texte numérisé non relu

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inconstantes, alors que les caractères de fourrure des Rex ont une parfaite permanence.

La zootechnie nous montre d’ailleurs d’autres mutations encore plus tératologiques, tel l'exemple classique des souris valseuses de Cuénot. De même nous connaissons des races de chiens nus, de souris nues, de chats nus et qui, malgré cette alopécie totale, ne présentent aucun signe de débilité.

Pourquoi incriminer la syphilis ? Il n’est pas démontré que cette maladie soit à l’origine de la mutation. La syphilis du lapin est de connaissance relativement ancienne, tandis que la mutation rex est toute nouvelle. Or, si elle en est vraiment la conséquence, elle aurait eu chance de se manifester depuis longtemps.

Il n’est pas prouvé que les premiers mutants aient été syphilitiques. M. Liénhart, lui-même, a reconnu une certaine robustesse aux premiers Castorrex, puisqu'ils ont survécu et ont pu être élevés sans trop de difficultés au début. D'ailleurs nous devons signaler ici que la souche Russe-Rex de l’Eure est indemne de syphilis, puisqu'on ne l’y a jamais observé jusqu'ici. Rien ne démontre l'hypothèse que la mutation rex est due au Treponema Cuniculi.

On peut prétendre que la maladie a été introduite après coup, ayant trouvé un terrain favorable à son expansion, elle se serait alors manifestée avec le cortège de dystrophies qu'elle provoque chez l’homme. En tous cas, on peut faire disparaître l'affection sans que le pelage soit modifié. M. Letard, qui a élevé et étudié de nombreux lapins rex, tous issus de la souche

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de la Sarthe, au laboratoire de Zootechnie de l'Ecole Vétérinaire de Lyon, n’a observé aucun cas de syphilis. Nous-même, qui avons été à son laboratoire pendant deux ans, n’avons jamais constaté les lésions dystrophiques, sauf les suivantes : rachitisme et affections oculaires. Nous n’avons jamais vu apparaître de gommes, d’affections nerveuses ou autres, imputables à la terrible maladie. Les seules déformations squelettiques observées relevaient du rachitisme : le lapin rex est, en effet, très sensible à cette affection, qu'il soit atteint de syphilis ou non (Congrès international de l'élevage du lapin, à Leipzig, en 1930).

Par contre, nous avons relevé un grand nombre d’affections oculaires, surtout chez les itrès jeunes sujets. Celles-ci se manifestent chniquement par de la kératite et une suppuration très abondante. Bientôt, si l’on n'intervient pas de façon active, l’œil subit la fonte purulente, épuise le jeune sujet qui se cachectise et meurt bien vite dans le marasme.

M. Letard a essayé systématiquement de traiter cette kératite par les moyens antisyphilitiques habituels : il n'obtint aucun résultat positif ; il en fut de même pour les traitements locaux habituels. Il démontra que la kératite était due, tont simplement, à une cause mécanique ,au trichiasis.

En effet, le lapin rex présentant une atrophie pileuse généralisée, les moustaches et les cils participent de cette atrophie et sont contournés, recroquevillés. Il en résulte que les cils n’ont plus une direction normale et s'insinuent souvent entre la paupière et le globe oculaire. Faisant office de corps étrangers sur la cor-

née, il en résulte de l'irritation, de l’inflammation qui engenüre enfin la kératite. Bientôt la direction vicieuse prise par les poils entraîne la paupière qui se retourne en dedans : l’entropion est alors constitué.

Il suffit d'opérer cette affection, dont la guérison relève uniquement du domaine de la chirurgie, pour voir rétrocéder les lésions plus ou moins complètement, suivant leur intensité primitive. Dans tous les cas que nous avons observés, l’aspect clinique a été complètement changé et l’état des sujets s’est vite amélioré. L’on comprend alors facilement pourquoi ce sont surtout les plus beaux sujets qui sont atteints . puisque ce sont eux dont les cils sont les plus atrophiés et ont les directions les plus anormales.

M. Letard a prié un de ses collègues, M. Basset, professeur de Bactériologie à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon, de bien vouloir inoculer le tréponème à des lapins ordinaires et sains, mâles et femelles. I] part d’une souche de tréponèmes recueillie sur un très beau Castorrex, atteint de l'affection. D'autres sujets ont été infectés naturellement par le coït. Leur descendance se compose de sujets absolument normaux. Cette série d’inoculations lui a permis de conclure qu'il n'y a aucune dégénérescence observée chez l’hérédo-humain qui puisse se rapprocher de la variation fondamentale, celle de l’appareil pileux qui caractérise le Castorrex.

En résumé, nous pouvons donc dire avec M. Letard:

« Beaucoup de rex sont atteints de spirochétose, « que la maladie soit cause ou non de la mutation. « Est-elle fatale ? Je ne le pense pas. Depuis plusieurs

Le Mr

« mois, j'observe des sujets rex que j'ai vu naître de « parents ne présentant aucune lésion. Ni les parents, « ni les descendants n’ont été traités, je ne découvre « aucune trace de tréponémose, ni chez les uns, ni « chez les autres. »

Jusqu'à ce qu’on en établisse un commencement de preuve expérimentale, nous devons donc dire que la syphilis n’est pas à l’origine du lapin rex.

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