SYPHILIS CUNICULINE ET SYPHILIS HUMAINE
Toutefois, devant l'incertitude planant encore, on peut se demander quels sont les rapports possibles entre la syphilis cuniculine et la syphilis humaine.
La syphilis cuniculine est de connaissance relativement ancienne puisque c’est Bollinger, en 1874, qui l’a décrite le premiez chez le lièvre. Par la suite, de nombreux auteurs en ont observé divers cas ; parmi ceux-ci nous citerons Maïer (1903), Ross (1912), Bayon (1913), Arzt et Roeïl (1914), Arzt (1920). De 1919 à 1921, Kolle, Ruppert et Môülens l’étudient et concluent déjà qu'elle diffère sensiblement de l'affection humaine.
Cette maladie a été observée en France, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne. L'agent causal est le Treponema Cuniculi, voisim de Treponema Pallidum. Il est monocellulaire, très flexible, tirebouchonné. Il se colore par les procédés de Boeckler, le giemsa, etc...
Pour MM. Levaditi et Marie, de l’Institut Pasteur, la contagion se ferait à la faveur du contact sexuel ou’
même du simple contact entre animaux malades et lapins bien portants. Le germe s’élimine par les poils et contamine la peau saine en pénétrant dans l’intimité des tissus, le long de ces poils. La maladie se manifeste par des lésions papulo-érosives localisées au prépuce, au scrotum, à la muqueuse vaginale, autour des narines et sur le bord palpébral, lésions qui ressemblent à celles que détermine chez la même espèce le virus neurotrope de la para-syphilis. |
Le Treponema Cuniculi engendre une maladie exclusivement locale qui ne paraît pas influencer l’état général. Après de nombreuses recherches expérimentales, MM. Levaditi, Marie et Isaieu n’ont jamais constaté de transmission héréditaire de l'affection. De nombreux rejetons, nés de parents infectés, sont morts. Jamais ils n’ont découvert de spirochèles dans le sang et les organes (examen ultramicroscopique)}. Il en est de même pour les embryons et les fœtus examinés in utero, bien que les parents présentent des lésions spirochétiennes intenses. Il n’y a donc pes de transmission expérimentale en tant qu'infection spirochétienne. 7
De même les descendants de générateurs porteurs de lésions tréponémiques n'ont aucun état réfractaire. Tout se passe comme si les jeunes sujets avaient été procréées par des géniteurs sains. Les auteurs nommés ci-dessus expliquent ces particularités par ce fait que la maladie semble se localiser à l’accident primitif. . On saisit déjà la différence fondamentale qui existe entre la Tréponémose du lapin et la Syphilis de l’homme.
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a) Elle semble se localiser à l'accident primitif : lésions cutanéo-muqueuses.
b) Elle n’a aucune tendance à se généraliser.
c) Elle ne se transmet pas aux descendants ni sous forme d'infection, ni sous forme d’immunité.
Cette différence s’accentue quand on sait que la Tréponémose cuniculine est trè sensible aux agents thérapeutiques divers employés sans grands résultats chez l’homme.
Au laboratoire, nous avons guéri définitivement des malades avec une ou deux injections intraveineuses de rhodarsan, à la dose de 0 gr. 04 par kilo de poids vif.
Enfin, contrairement à certaines assertions, la maladie ne présente aucun danger pour l’homme. A ce sujet, nous nous devons de reproduire textuellement l'expérience faite par MM. Levaditi et Nicolau sur eux-mêmes :
« Le 21 mars 1921, ces auteurs s’inoculent par « scarification, à la surface externe du bras, du virus « provenant d'un lapin infecté spontanément. Très « nombreux spirochètes mobiles dans le milieu ino- « culé. Réaction de Bordet-Wassermann négative dans « le sérum, le jour-même de l’inoculation. Les croûtes « de sang coagulé qui couvrent les stries de scarifi- « cation se détachent vers le 5° jour. Depuis, aucune « réaction, ni générale, ni locale. La réaction de Bor- « det-Wassermann reste négative. »
En même temps ces auteurs pratiquent une scarification infectante sur le Macaccus cynomolgus qui, lui aussi, n'a montré aucune lésion locale.
Nous comprenons très bien maintenant, combien il est osé d’avoir considéré le Castorrex comme un hérédo-syphilitique et surtout d’avoir signalé le danger imaginaire qu'il présentait pour l’homme.
Syphilis cuniculine et Mutation rex sont désormais deux choses que l’on ne saurait apparenter sans commettre une erreur scientifique.
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Hérédité mendélienne
Avant de disparaître et de restituer ses éléments au monde organique, tout être vivant doit se reproduire et se perpétuer dans ses descendants en vertu du phénomène de l’hérédité. Pour éclaircir le mystère qui l’estompe à nos esprits de façon si obscure, on en est resté longtemps exclusivement sur le terrain de l’observation pure. C’est seulement au xIx° siècle que la méthode expérimentale a été mise en œuvre par les croisements méthodiques de Mendel, précédés cependant par les travaux de Sageret et de Naudin.
Mendel eut le mérite de mettre au service de l’hérédité sa formation intellectuelle de mathématicien et de physicien. Il prit soin d’envisager d’abord la transmission d’un seul caractère (monohybridisme), puis de deux ou plusieurs caractères (dihybridisme, polyhybridisme) : en un mot, de procéder du simple au composé ; de classer les hybrides selon la répartition chez eux des caractères envisagés ; d’établir enfin les rapports numériques entre les représentants des formes obtenues. |
Les conclusions de Mendel, si contraires aux don-
nées que l’on possédait sur l’hérédité, furent méconnues, et c’est De Vries, en 1900, qui les tira de l’oubli. Depuis, la grande majorité des expérimentateurs a obtenu les mêmes résultats et aujourd’hui la véracité des lois mendéliennes est consacrée par le fait scientifique.
Lois MENDÉLIENNES.
Celles qui nous intéressent ici sont au nombre de trois :
1° Loi de la dominance. Quand on unit deux individus, de sexes différents, nettement opposés par un caractère, les produits qui sont des métis présentent le caractère de l’un ou de l’autre des parents. Celui
* qui existe, qui masque l’autre, est dit dominant. Celui
qui n'apparaît pas, est dit dominé (génération F1).
2° Loi de la réversion du caractère dominé. Par l’union des métis entre eux, on observe la constance de la réversion du caractère dominé chez les produits. (génération F?).
Cette réversion n’a pas lieu au hasard, elle se fait dans une proportion prévue.
3° Loi de la pureté des cellules sexuelles. Les cel lules sexuelles ne sont pas hybrides, mais pures visà-vis d’un caractère, que celui-ci soit dominant ou dominé. |
C'est ce qui explique la loi de la réversion.
Les cellules sexuelles s’appellent des gamètes.
Al
L'œuf qui résulte de la fécondation de l'élément femelle par l'élément mâle, s'appelle zygote.
Un sujet pur vis-à-vis d’un caractère, c’est-à-dire dont le génotype (gamètes) et le phénotype (aspect externe) sont semblables, est dit homozygote.
Un sujet dont le génotype n'est pas le même que le phénotype est dit hétérozygote.
Deux caractères qui s'opposent sont dits allélomorphes.