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MENDÉLISME ET CARACTÈRE REX

L'obtention des rex de différentes couleurs a été réalisée par le Professeur Kohler, de Strasbourg. C'est donc lui qui a démontré le premier l'application du Mendélisme à la transmission du caractère Rex.

Monohybridisme.

Envisageons la transmission d’un seul caractère, À caractère rex, c'est-à-dire absence de jarre.

1° Dominance : Le croisement d’un sujet rex (RR) avec un sujet porteur de jarre (JJ) donne des métis qui sont tous jarreux. Ce sont des demi-sang, macroscopiquement en tout, semblables aux lapins ordinaires (génération Ft). Ici le caractère rex (R) est dominé et le caractère jarreux (J) est dominant. Les métis jarreux phénotypiquement ont pour formule JR. Ils sont hétérozygotes pour le caractère rex.

SNAREZ Cette formule JR s'explique d’ailleurs très bien si

l’on étudie le schéma ci-dessous qui exprime les combinaisons qui ont donné naïssance aux métis.

k & JS

+ TS. ser + RARE) RIT RE

2° Réversion : Les combinaisons possibles dans l’accouplement des métis entre eux sont les suivantes (génération F?) :

Ro

/ Ne

+ + { 7 T / ‘ ï: 1 R \ R ; x R R Nous avons donc un quart de sujets rex et trois quarts de sujets jarreux.

Sur une production totale de 190 lapereaux, nous avons obtenu au laboratoire, 49 rex et 141 jarreux. M. Hans Nachtsheim, sur un total de 565 animaux,

obtient 135 rex et 430 jarreux.

Ces chiffres sont très voisins des chiffres théoriques.

L'écart très faible que nous constatons ne peut infirmer la vérité de la proportion. La cause est qu’en Biologie, comme dans toutes les sciences non exactes, il est rare que la pratique soit entièrement conforme à la théorie.

Différenciation des métis entre eux (génération F?)

D'après le schéma ci-dessus, nous avons supposé que ces métis avaient respectivement pour formules JJ, JR, RJ, RR.

a) Les rex accouplés avec des rex ne donnent que des rex, leur formule est donc bien RR:. Ils sont homozygotes pour le caractère rex. |

b) Parmi les jarreux, quelques-uns accouplés avec des rex, donnent 50 % de rex et 50 % de jarreux. Leur formule est JR ou ny. Ils sont hétérozygotes pour le caractère rex.

Dans une série de croisements de cet ordre, nous avons obtenu 317 jarreux pour 315 rex. M. Hans Nachtsheïra fait porter ses observations sur 115 animaux : il note 60 jarreux et 55 rex.

c) D'autres jarreux accouplés avec des rex ne donnent que des produits jarreux : leur formule est JJ. Ils sont homozygotes pour le caractère jarreux.

Tous ces résultats, contraires parfois à ce que pouvait laisser espérer le phénotype des sujets, sont bien conformes à la logique mendélienne.

Dihybridisme.

Demandons-nous maintenant si la couleur de la robe du Castorrex obéit aussi aux lois héréditaires mendéliennes.

Ne pes

La teinte de la robe du rex est uniquement donnée par la couleur du poil de bourre, le poil de jarre étant inexistant ; au contraire, chez les races jarreuses ordinaires, la teinte de la robe tient à la fois de la couleur de la bourre et du jarre. Dans ce dernier cas, si les deux teintes s'accordent, la couleur de l’ensemble est uniforme, sinon elle est plus ou moins mélangée, bigarrée, elle donne le plus souvent la sensation d’un gris.

Chez un lapin gris-lièvre, par exemple, c’est le jarre strié de bandes jaunes et noires, qui donne la teinte roux-noirâtre prédominante, tandis que la bourre, bleutée à la base et de teinte castor au sommet, est cachée. Chez le Castorrex, qui en dérive, la bourre prédominant largement, conserve sa teinte castor et assure à elle seule la teinte castor de l’ensemble de la robe.

Etudions simultanément la transmission, d’un coté, des caractères rex et jarreux, de l’autre, de couleurs e sentiellement différentes. La multiplicité des facteurs susceptibles d'intervenir pour déterminer une seule couleur rend cette étude très difficile. C’est pourquoi bien des éleveurs français, ignorant la segrégation mendélienne, cherchèrent en vain pendant plusieurs années à obtenir la dissociation des caractères rex et castor.

Ce n’est qu'à la longue, au hasard des croisements, que l’on a obtenu ce résultat. |

Pour éviter les hésitations, il suffit de choisir un matériel propice pour arriver de suite au but. Les teintes des robes obéissent aussi aux lois de la domi-

Le PX RENNES

nance et de la réversion : c’est ainsi que la teinte grislièvre est dominante par rapport à la couleur albinos.

La loi de la pureté des gamètes joue aussi puisqu'on peut dissocier le complexe castorrex.

Proposons-nous, par exemple, d'obtenir un rex blanc en partant d’un sujet rex (R) castor (C) de formule RC et d’un autre jarreux (J) blanc (B) de formule JB.

En génération F1, nous obtenons des métis jarreux et gris-brunâtre (nous dirons castor pour faciliter la compréhension) de formule RCJB. Le résultat est donc

diamétralement opposé à celui que nous attendons.

En génération F?, en croisant ces métis entre eux, nous arrivons au résultat cherché :

RCE EAN CNED

ROC TR COUP MMA NIC OP NTIC C RR OBeLN BR CBrRERI CR TT LCR PB CCI RAR BIOS LRB COUT.

RRBB JRBB RJBB JJBB

Sur 16 sujets, nous avons 4 rex et 12 jarreux.

Parmi les 4 rex, il n’y en aura qu’un qui sera blanc. De formule RRBB, il est homozygote par rapport aux caractères rex et couleur blanche. Accouplé avec son semblable, il ne donnera que des rex blancs.

C'est en suivant cette méthode de croisements que nous avons obtenu au laboratoire, en deux ans, des rex de toutes teintes : Hermine, Bleu, Fauve, Havane, - Chinchilla, Loutre, Alaska, Lynx-rex.

Dh LEUR

Nous avons obtenu également des angoras-rex blancs et castor par croisement entre Castorrex et angora blanc.

OBSERVATIONS DE M. LIENHART.

M. R. Lienhart a observé des anomalies, dans la descendance du Castorrex, qui tendraient à faire classer le caractère rex en dehors des lois mendéliennes.

a) Des Castorrex donnent parfois des portées hétérogènes, composées en proportions variables de Castorrex et de sujets à fourrure normale.

M. Letard et nous-même n'avons jamais vu sur un lot de plus de 1.000 sujets, à ascendance connue, appartenant à une même souche, se produire pareil phénomène, absolument contraire aux prévisions précitées. |

Toutes les portées de Castorrex que nous avons observées, n'étaient composées que de rex.

Plusieurs éleveurs, consultés à ce sujet, ayant produit plusieurs milliers de sujets, issus d’une même souche, n’ont pas assisté à la naissance de portées semblables. Se

b) Dans les accouplements entre Castorrex et hybrides de Castorrex, la proportion prévue (50 %) n’est jamais obtenue, même si l’on fait un pourcentage très important de portées.

Nous avons vu ci-dessus les résultats notés par MM. Letard et Narhtsheim et observé que l'écart minime entre les chiffres théoriques et pratiques n’'influençait

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