‹ Les larmes de Jacques Pineton de Chambrun, pasteur de la maison de son altesse sérénissime dChapitre 6 sur 24 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

avertat) miscramla vrb$ totics procelUs exagitata^ a vicinis infensissimîs hostibus penitùs evertaiurï ' >

En 1688, M. de Chambrun publia à La Haye le récit des persécutions qui avaient eu lieu dans la principauté d*Orange de 1660 à 168S, et qui Tavaient atteint comme les autres réformés de ce petit pays, quoiqu'ils fussent sujets d'un prince étranger et appartenant luimême à la religion protestante. On avait violé à leur égard non-seulement la liberté de conscience, mais encore le droit des gens.

Ce récit est, comme on le verra, empreint d'un bout à l'autre d'un sentiment naïf et sincère, d'une mmisuétude évangélique et profonde qui tranche singulièrement avec l'arrogance et la violence des persécutions; mais, dan& l'intérêt du lecteur, nous devons donner quelques détails sur le petit pays où ces événements ont eu lieu.

Enclavée dans le comtat d'Avignon, la petite principauté d'Orange' renfermait, dans une étendue de

^ Note au vers 255.

* Arausio Cavarom, Arausiaca civllas, Arausionensis urbs. C'est ainsi que l'appelle Sidoine Apollinaire. La première mention qu'il soit fait d'Orange dans les écrivains anciens se trouve dans Strabon. Paris, 1620, 1. IV, p. 186. V. sur les premières origines de cette ville, V Histoire d'Orange, ^ar}i. de Gasparin. Orange, 1815, p. 3 à 27. Nous renvoyons d'ailleurs, pour ce qui va suivre, à de Thou, Hist univers., Londres, 1734, IV, 290 sqq.; et surtout à Erman et Reolara, Mémoires pour servir à VMstoire des réfugiés français, Berlin, 1782; VHI, 78 sqq.

PBÉFAGE. Xill

quatre lieues et demie de l'orient à Toccident, et de trois lieues du midi au nord» quatre villes : Orange, Courtheson, Jonquières et Gigondas; trois villages et plus de six cents maisons de campagne ou métairies avec une population d'environ dix mille âmes.

Elle eut de temps immémorial ses souverains particuliers. Charlemagne en fit don à Guillaume au Cornet ' , d uc de Bourgogne, qui en avait chassé les Sarrasins. Elle passa par testaments et par contrats de mariage dans plusieurs familles, et demeura pendant des siècles dans celle de Baux, d'où elle arriva à celle de Châlons, par le mariage de Jean de Châlons avec Marie de Baux % fille unique de Raymond de Baux, prince d'Orange et de Jeanne de Genève, sœur du pape Clément VIL Le dernier rejeton mâle de cette famille fut Philibert, comte de Châlons, qui légua tous

^ De la Pise (Tableau de VMstoire des princes et principauté d'Orange. La Haye, 1639, pet. in-fol.) nous apprend que c'est de 793 à 806 que régna Guillaume au Cornet^ c'est-à-dire au Cor de chasse, selon les uns, selon d'autres, au Courtnez, parce que, dans un combat, il aurait eu le bout du nez emporté d'un coup d'épëe. Nous renvoyons à cet historien ceux de nos lecteurs qui seraient avides de connaître Thistoire des dames

vaillantes qui succédèrent à Guillaume : de Tiburge, de Guiberge, de Hérimbrue, d'Âlatais.

* La maison de Guillaume au Cornet régna de 793 à 1185; celle de Baux dura jusqu'en 1393; celle de Châlons jusqu'en 1 630 (de la Pise). Marie de Baux eut pour fille aînée Alix de Châlons, dont descendait, en ligne directe» la maison de Lon* gnéville, dont le prince de €k>nti devint Thèritier. De là les pré« tentions de cette maison à la principauté d'Orange.

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