‹ Les LaurentiennesChapitre 18 sur 78 · VERS ÉCRITS DANS VINGT ANS D'IGI · texte numérisé non relu

VERS ÉCRITS DANS VINGT ANS D'IGI

Qui n'a pas dans son existence Un souvenir doux à cacher, Qui résiste avec persistance Aux efforts que ^esprit fait pour l'en arracher ?

Quand, la mémoire aidant, on regarde en arrière, Kempli de regrets superflus, ~ Aux temps heureux de sa carrière Que de beaux jours on voit. ..qui ne reviendront plus l

Je vois, au printemps de ma vie.

Je vois dans un rayon se dresser devant moi

Un nom, une image chérie Qui jadis posséda mon amour et ma foi.

Ses grâces, sa beauté, son esprit, sa jeunesse

M'avaient enchaîné sur ses pas.

Puis, un jour, son regard tout chargé de tendresse

M'avait dit : ne me quitte pas !

J*allais livrer à l'espéranco Le cœur de cette enfant qu'un hasard me donnait. Quand, touché par la main de ma propre souffrance Je repoussai soudain le mot qu'elle disait.

Dieu me garde, lui dis-je, au bord de cette abîme Où vous passez cueillant les roses du chemin, Dieu me garde d'aimer I Votre amour est sublime Mais on ne conduit pas le bonheur par la main.

Le part que le ciel me réserve Demande à l'incertain le pain de chaque jour : Je suis fait pour lutter ; que mon travail me serve. Il ne pourrait jamais mériter votre amour.

Ils s'envolent si vite, hélas 1 les chants de Pâme ! Tant de maux font couler la source de nos pleurs ! Oh 1 conservez en vous jalouseûient la flamme Qui s'éteindrait dans les douleurs 1

Car tout change ici bas !— L'espoir et l'ajnour môme Meurent ensevelis au fond du souvenir !

Ou, quand malgré le sort, on s'abstine et l'on aime C'est pour pleurer, c'est pour souffrir !

mÊÊ

N'aimez pas ! N'aimez pas rinfortuné poète I Gomme Toiseau, son frère, il ne peut que chanter. Laissez-le seul errer dans sa marche inquiète : Enfant, d'autres amours viendront vous consoler...

Je lui parlai longtemps

Le monde est un empire

Où régnent là vertu, le talent, la beauté :

Ce fût pour lui bientôt que brilla son sourire. Moi, j'avais reconquis ma triste liberté.

Ils sont bien loin ces jours d'ivresse.

Qui sait si de mes yeux je pourrai la revoir? Tout en traçant ces vers, son image se dresse. Je revois mon passé comme dans un miroir !

Qui n'a pas dans son existence Un souvenir doux à cacher.

Qui résiste avec persistance Aux efforts que l'esprit fait pour l'en arracher?

septembre 1864.

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