‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 11 sur 101 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

| Ils se quittaient.—Dans un regard bien tendre | Tous deux venaient d'échanger un serment;

\ Le Capitaine avait promis d'attendre

| Et le bateau restait complaisamment.— } ‘ Ajoute encore un mot, m2 blonde belle,

PROPOSE TTET EL UET |

1 Un mot d’adieu, le dernier, le plus doux !”

“ Vous emportez mon cœur, répondit-elle,

1 « Car ma pensée est tout entière à vous! ”

Le Capitaine avait promis d'attendre...

| Ils se disaient : ‘“ Aimuns-nous bien toujours ! ! ‘ Ces chers instants qu’un hasard vient nous rendre | ‘“ Si bien rempus nous paraissent trop courts!

à ‘ Ah! l'existence est un fardeau pénible

} ‘“ Quand à l'exil on condamne son cœur !

|“ L'amour sans toi c’est un maitre terrible

‘ Qui règne plus en tyran qu’en vainqueur !”

Le Capitaine avait promis d'attendre...

Ce qu'ils disaï:nt ne se traduit jamais 4

Seuls les amants sont faits pour se comprendre. Ils sont jaloux de garder leurs secrets.

Enivrement, joie, élans de tendresse,

Tout est compris par un geste, un regard,

Et le silence, ou la main que l’on presse,

En disent plus que les œuvres de l’art.

Le Capitaine avait promis d'attendre...

L'ombre du soir les protégeait tous deux :

« Répète, ami, ces mots que j'aime entendre, « Bientôt, hélas ! je serai si loin d’eux !......” Puis, rappelant un passé plein de charmes, Ils s'embaumaie.c des fleurs du souvenir...

Presqu'aussitôt, surgissant les alarmes,

Ils se prenaient à parler d'avenir...

Le Capitaine avait promis d'attendre...

Ils s’oubliaient loin du monde réel,

Car de prier ne pouvant se défendre,

Leurs vœux unis s’envolaient jusqu'au ciel :

« Arbre de vie, Ô divine espérance,

« Etends syr nous tes rameaux toujours verts ! « Dieu! pour chanter ta bonté, ta puissance,

“ Fais-nous un nid dans ton vaste univers!”

Le Capitaine avait promis d’attendre…….

Mais un signal est donné tout-à-coup :

« C’est le départ !—adieu !——laisse-moi prendre « Ce médaillon qui me suivra partout!

‘“ Quand au printemps viendront les hirondelles ‘ Heureux et fier je pourrai revenir.

“ Donc, au revoir, Ô mes amours fidèles !

‘ En attendant, vivons de souvenir !

Septembre 1862,

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