PREMIER BILLET
Ton premier billet, mon aimable amie, Avec son naïf et touchant aveu,
Rend quelque saveur à ma triste vie Qu'un destin fatal enchaîïne en ce lieu.
Puisque loin de toi, par la Providence
Je suis retenu malgré nos amours,
J'accepte le mot: courage, espérance,
Que tu m'as donné comme un doux secours.
Déjà, tu le sais, ma peine est extrême,
J'ai plus d’un soucis, plus d’un vague effroi, Et pourtant, Martha, tu le sais toi-même,
Si je tremble ainsi ce n’est pas pour moi;
C'est pour l'avenir qu’en femme tu braves, C’est pour ton bonheur, c’est pour ton repos! Car ils sont nombreux hélas ! les entraves!
Je voudrais, Martha, t’épargner ces maux.
octobre, 1664,