‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 27 sur 101 · ÉCRIT EN LISANT ‘‘ JEAN RIVARD · texte numérisé non relu

ÉCRIT EN LISANT ‘‘ JEAN RIVARD

Pâle artisan que la faim presse, Jeune homme au cœur ardent et fort, Pourquoi, courbé sous la détresse, Accuser la rigueur du sort ?

Suivez ce senticr solitaire Qu'avec vous je vais parcourir :

Voici l'exemple, Ô prolétaire,— Vous tous qui parlez d’avenir !

Que je vous montre un hermitage Où règne le parfait bonheur,

Là vous contemplerez un sage Dans la véritable grandeur.

Sous les arcades de verdure

Où le rossignol fait son nid, J'entends crépiter les ramures, Puis un long choc sourd retentit.

Avancçons jusqu’à la clairière :

C’est un géant de la forêt

Qui, sous la hache meurtrière, Chancelle et succombe à regret.

Les grands bois noircis par la flamme Se dressent clairs et dépouillés,

Laids squelettes qui n’ont plus d’âme, Que la main de l’homme a fouillés !

C’est ici —Le combat se livre, La victoire est aux travailleurs.

Le so! vous attend pour y vivre,

Il s'ouvre à aus les nobles cœurs.

Emparez-vous de l'héritage

Que vous ont laissé vos aïeux :

Votre gloire est dans son partage, L'avenir est devant vos yeux !

Enfoncez-vous dans ce domaine

Au plus épais des bataillons, Et que votre bras se promène Par les côteaux et les vallons.

LES LAURENTIENNTS

Le défricheur, ferme, intrépide, N'a que sa volonté pour loi,

Et son seul intérêt pour guide, Car le défricheur c’est un roi.

Un roi qui se taille un royaume, Ainsi qu’un autre conquérant, Dans la part que Dieu donne à l’homme Aux rivages du St. Laurent !

Il lutte, sans repos ni trève, Corps-à-corps avec la forêt ;

Ses travaux sembleraient un rêve Au citadin qui les verrait.

Sans jamais connaître le doute, Le doute qui tue en naissant, Joyeux, il ébauche sa route Vers un horizon florissant.

J1 lui faut une étrange audace Et le sens d’un cœur bien placé Pour oser affronter en face

Les maux dont il est menacé !...

Courageuse Persévérance, Au seuil du pionnier canadien Vous êtes avec l’Espérance

Sa vertu, sa foi, son soutien !

Ce nouveau créateur, ce maitre, Verra s’accroître autour de lui L'’abondance qu’il fera naïitre Partout où son fer aura.lui.

Bientôi, au pied de la colline, Sur le terrain qu'il a conquis, Un village agreste dessine

Ses champs nourriciers du pays...

Que sont les discours pathétiques Prèchant l'amour et l'union,

Ou les intrigues politiques Près de sa modeste action !

Les Trois-Rivières, octobre 1864.

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