À UN MUSICIEN
Où sont les notes inspirées Dont vous possédez le secret,
Pour que nos âmes enivrées Répondent à vos chants dans un accord parfait !
Où trouver l’art qui vous inspire, Qui vous rend fort, terrible et doux ; Où sont les accents pour redire Les divins sentiments qui nous viennent de vous !
Mais non ! votre beau privilége N'est pas du ressort d’un mortel. 4 Retirons la main sacrilége
Qui voudrait vainement ravir le feu du ciel !
Contentons-nous d’aimer, de croire Au génie, ardent créateur,
Et d’avoir en notre mémoire L’aimable souvenir de ce rêve enchanteur !
Montréal, 1865.