‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 37 sur 101 · A MA MÈRE · texte numérisé non relu

A MA MÈRE

Quel beau soleil rajeunit la nature!

Souffle divin des brises du printemps, Rapportez-nous les fleurs et la verdure,

Le saint espoir, les amours souriants |!

Allons aux champs ! que loin du bruit des villes

S'écoule en paix ce jour de vrai bonheur.

Les souvenirs reviendront plus dociles Aux doux attraits de ce calme enchanteur.

Déjà murmure, à travers le bocage, L'onde qui va féconder nos moissons.

J'écoute un chant parti de ce feuillage :

L'oiseau répond à mes folles chansons.

Beaux jours de mai, paisibles rêveries, Oh, revenez! vous me plaisez toujours!

Je vous revois, mes campagnes chéries, Et j'ai besoin de chanter mes amours.

Au bord des prés, sur l'herbe qui repousse, Plus de soucis, plus de vagues chagrins.

L'esprit s’anime, et la vie est si douce

À contempler ces charmes souverains !

A ce réveil des splendeurs de la terre

Mon âme jette un cri de liberté:

Vers Dieu jaillit l’élan de ma prière,

Où bien souvent un nom est répété !

Niagara, 1865.

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