‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 39 sur 101 · A MA SŒUR · texte numérisé non relu

A MA SŒUR

J'aime les champs lorsque le soir qui tombe Dore un instant les gerbes des grands blés, Et qu’à la ferme où rentre la colombe, Les moissonneurs sont déjà rassemblés.

Loin des cités que la nature est belle!

J'ai soupiré pour elle tant de fois !

Je viens revoir, à la moisson nouvelle,

Les beaux soirs d'autrefois !

Le soleil fuit et réveille au bocage Des chœurs muets pendant les feux du jour.

Comme un adieu, la cloche du village Bat lentement la retraite à son tour.

J'aime laisser ma marche solitaire Fouler sans but vingt sentiers différents, Mon âme écoule à l'heure du mystère Les murmures des champs.

s LES LAURENTIENNES 85

Tout un concert s'élève des prairies, Il prend sa note au chant des grandes eaux. L'ombre a parlé. L'ange des rêveries Vient nous surprendre au contour des côteaux. J'aime laisser ma marche solitaire Fouler sans but vingt sentiers différents !

Mon âme écoute à l'heure du mystère.

Les murmures des champs.

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