POUR L'ALBUM DE MON AMI E. GÉRIN
Au bord des flots grondants, sur la rive déserte, S'élève solitaire une modeste croix
Que les sombres rochers et la nature inerte Environnent d’un deuil fier et calme à la fois.
Dans les jours de tempête où le vent et la lame Vienneni livrer assaut aux sommets dentelés, Quand l'Océan mugit, s’agite, tonne, brame, Et présente aux regards ses remparts désolés, Une lame parfois, comme un géant horrible, :
Se dresse, murmurant son lugubre refrain, Puis déferle en couvrant avec un bruit terrible Le tombeau du marin.
C’est là qu’il est venu terminer sa carrière. Par une nuit d'orage, en abordant au port, Son vaisseau mutilé s’est brisé sur la pierre, L'homme fut entrainé par l'ange de la mort.
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