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L'OISEAU D'HIVER

Dans le sapin couvert de neige, Que chantes-tu, pelit oiseau ?

Si l'œil de Dieu ne te protége,

Tu vas périr sur ce rameau.— Mais non! Ta gaité calme et pure S'épanchera malgré le froid :

Dans les frimas ou la verdure Tu sembles heureux comme un roi!

Celui qui t'a donné la vie,

Sensible à nos revers nombreux, Garde l'être qui chante ou prie Quand viennent les jours rigoureux.

Si trop souvent notre courage Chancelle au souffle du malheur, C'est que nous maudissons l'orage :

Pourtant l'épreuve a sa valeur !

Les Trois-Rivières, janvier 1866,

Petit oiseau, qui sait le nombre Des maux dont chacun doit tribut ?

Il faut voir l'avenir moins sombre Et, confiant, marcher au but !

Des talents que le ciel nous donne Sachons bien connaître le prix :

Sous la branche où ta voix fredonne Les bienfaits de Dieu sont compris.

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