‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 55 sur 101 · A MON AMI F. X. A. TRUDEL · texte numérisé non relu

A MON AMI F. X. A. TRUDEL

La nuit est tiède après l’orage Et sombre à vous saisir le cœur; Les lames vont, frôlant la plage,

En clapotant avec langueur.

Le vent s'endort dans la campagne, Au bois le silence est profond ;

La mouche-à-feu seule accompagne L'éclair fuyant à l'horizon.

Tout invite à la rêverie

Au bord des prés, au fond des eaux.

La nature en extase prie.

Partout se taisent les échos.

1 Musique de M, Emm, Blain de St. Aubin,

La cité calme se repose Des feux et du fracas du jour.

De la ferme la porte est close.

La route est déserte à son tour.

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La chauve-souris tourne et vole, Mêlant aux plaintes du hibou Sa fantastique parabole.

Un frisson vient on ne sait d’où.

Plus de refrains dans la feuillée!

Un merle errant par les vallons Voltige jusqu’à sa couvée Et retrouve ses nourrissons.

Alors un bruissement d'ailes Se fait entendre dans la nuit,

C’est l’'hymme des amours fidèles, C’est la romance de minuit!

Charme divin, parfum rustique, Fraiche forèt, voix du courant, Plaisir secret, livre mystique,

Qui donc vous aime et vous comprend ?

Qui dorc consulte la nature A l'heure austère du repos,

Pour puiser dans chaque murmure Le baume souverain des maux ?

Je vais, promeneur solitaire, Perdu dans cette immensité, La savourant avec mystère, Goûter un peu de liberté.

Ste, Cécile, juin 1866,

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