CAUSERIE D'UN VIEILLARD
Quand on est vieux, quand le soir tombe Sur notre jour qui va finir,
On rencontre au bord de la tombe
La grande ombre du souvenir.
Ge fantôme qu’on nomme aussi l'expérience, Invisible à nos fils, m’attriste sur leur sort ; Ignorant le passé, cœurs pleins de con“ance, Ils vont ! Dieu les conduise au port !
Enfants, vous marchez sans boussole, Qui vous indiquera la route des aïeux ?
Au milieu des dangers l'espoir seul vous console Le passé vous instruirait mieux !
Ceux qui luttèrent à cet âge Où vous n’étiez pas encor nés, Ceux qui sauvèrent du naufrage Les biens qui vous sont destinés,
Ils s'éteignent sans bruit, emportant leur histoire ;
Bientôt vous n'aurez plus de voix pour vous guider !
Plusieurs méconnaitront les vieux refrains de gloire, Le Devoir qui sait commander.
Enfants, vous marchez sans boussole,
| Qui vous indiquera la route des aïeux ?
| Au milieu des dangers l'espoir seul vous console Le passé vous instruirait mieux !
Si vous ne gardez souvenance Des sacrifices d'autrefois, Qui vous dira la provenance Des droits que protégent nos lois ?
| On estime à son prix un nobie privilége :
| Plus cher il a coûté, plus il nous semble doux. Mais s’il reste couvert d’un oubli sacrilége, Grands et petits, qu’en ferez-vous ?
Enfants, vous marchez sans boussole,
Qui vous indiquera la route des aïeux ?
Au milieu des dangers l'espoir seul vous console : Le passé vous iustruirait mieux !