FÉVRIER
La neige a couvert les sillons, Adieu les côteaux et la plaine !
Car les routes qu’on voit à peine,
Ne contournent plus les vallons.
à Le vent glacé du Nord arrive, | En soulevant des tourbillons.
Le fleuve agite ses glaçons, Et les rejette sur sa rive.
Tout est pâle et semble mourir.
La solitude m’environne.
Mon pauvre cœur souffre et frissonne,
Il ne peut que se souvenir.
Déià, sans scéptre el sans couronne,
L'été s’est enfui loin de nous ; L'hiver nous tient sous les verrous, Depuis qu'il a proscrit l'automne.
Je tourne en mon isolement, Comme la fauvette en sa cage, Sans gaîté, rêveur et sauvage, Sans but ni voix aucunement !
Sifflez, Ô vents! dans les ramures.
Vos éclats, vos cris, vos murmures, Sont d'accord avec més douleurs!
Dépouillez dans votre colère,
Les champs de leur blanche poussière, Et'ramenez le mois des fleurs!