‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 73 sur 101 · LA BONNE ANNÉE · texte numérisé non relu

LA BONNE ANNÉE

Quand la neige dans les rues Crie aux bottes des passants

Et qu’au ciel de sombres nues S'entre-choquent sous les vents ;

Quand les champs, quand la rivière S’engourdissent dans le froid

Et qu’une blanche poussière Tourbillonne autour du toit,

Le cœur, dans ce vide extrême, Recherche l'intimité,

Il partage avec qui l'aime

Le vieux fond de sa gaité,

L'hiver en vain nous pourchasse, 11 nous vaut d’heureux moments.

Au dehors tout est de glace:

C'est l'heure aux épanchements !

LES LAURENTIENNES 16t

Décembre est parti.—Qui sonne ?

—Dix-huit cent soixante-et-neuf..…….

Que de baisers l’on se donne !...….

Que de souhaits à l’an neuf!

Du haut en bas de l'échelle L'espoir circule gaiement:

Car notre part la plus belle Est toujours ce qu’on attend.

De quels transports d’allégresse Resplendit chaque foyer !

On croirait que la tristesse N'a jamais pu l'habiter !

Puisqu’on peut, folâtre ou sage, Serrer la main du bonheur, Livrons-nous sur son passage A la joie avec ardeur !

Point de fête couronnée

Sans les vers qu’on va chantant— J'apporte la bonne année, La Chanson du Jour de l’An.

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