‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 79 sur 101 · A MON AMI OSCAR LUNN · texte numérisé non relu

A MON AMI OSCAR LUNN

J'aime entendre l'écho des fraiches sérénades

Mollement apporté par les brises de nuit,

Ou le bruyant appel des folles mascarades Faisant la guerre au sombre ennui.

J'aime entendre le soir les fanfares lointaines Des bouviers guidant les troupeaux.—

J'aime entendre tomber au bassin des fontaines Les gouttes du cristal des eaux.

J'aime les soirs d'été, si beaux dans nos campagnes,

Si chers au travailleur qui recherche le frais, $ # Quand le vent parfumé qui descend des montagnes is e Nous apporte en passant les concerts des forêts. : ê. J'aime nos bois touffus, nos riantes collines Lu

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Où m'écartent souvent de fantasques esprits,

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Lorsque, fuyant toujours les routes trop voisines, LS LS J'enfonce plus en plus, songeur, dans les taillis. # +

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Là, qu’une source pure en murmurant m’arrête, M'invitant à me rafraichir,

Comme l'oiseau distrait, ma muse touiours prête

S’'abat sur la pelouse où l’onde aime à courir.

| Je vais papillonnant par les champs de l’espace,

Plengeant dans un vague enchanteur,

Oublieux des regrets dont ma pensée est lasse,

ITeureux d’être incompris et seul dans mon bonheur.

| Le soleil qui s’enfuit marque de flots rougeâtres

Les bords du lointain horizon;

à L'ombre des sapins verts tremble aux lueurs folâtres |

Du jour mourant sur le gazon.

Le ruisseau, calme et pur, coule ses eaux tranquilles | Sur sa couche de blancs cailloux.

La rivière se tait en contournant ses iles Et s'endort sur le sable doux.

Seul avec ma pensée, au pied rugueux d’un hêtre, de viens m'asseoir silencieux,

Emu par ce tableau que j'apprends à connaître Et dont l’artists est dans les cieux.

LES LAURENTIENNEES 175

C'est l'heure où les enfants, tapis près de leurs mères Ecoutent, frissonnants, les récits redoutés,

Où l'esprit, dominé par de vaines chimères,

Croit voir des revenants surgir de tous côtés.

Alors, à travers champs, que les vieilles ballades

Viennent remplir les airs d’un charme accoutumé ;

Avec ses vers trainants, ses bizarres roulades

ORE Et ses vieux souvenirs d’un passé bien-aimé,

Qu'un chant de voyageur, héroïque et sonore,

Me berce brusquement au coup des avirons ;

Que la voix d’un conteur dise et redise encore La légende des environs,

J'écoute avec amour ces poëmes étranges Dont les héros sont oubliés,

illes | Et je crois voir glisser leurs vaillantes phalanges

Dans les cimes des peupliers !

Sur tout ce qui m’entoure, arbres, fleurs et prairie,

Je retrouve un amour perdu dans le passé,

re É Un écho de mon cœur, un reflet de ma vie

Etor..lé quelquefois, mais jamais effacé!

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Les champs couverts d’épis caressés par la brise. Qui méle leur senteur à l’arôme des bois ;

1 Dans l’air un son plaintif comme un luth qui se brise P

Avec des mots touchants qui pleurent dans la voix,

Le soleil s’est perdu par delà la colline, L'’astre des nuits nous ietté un éclat incertain, Et ce rayon distraié, qui jusqu'à moi s'incline, Reporte ma pensée en mn site lointain...

O champs où le destin #4 pas rack ma vie, Puissiez-vous me revoir comme an dé vos enfants, Mêélant mon existence à la lewr que femvie,

Pour me faire oublier dé trop cruels iétants!

| C'est à vous que témjonrs vient mon âme isolée

ÂAvide de recuétlemént, Car pour se retremmper, la pauvre déslée Vers de bruyants plaisirs #'en ira y#inement,

Qu'il est bon de goûter, & £4es ho@ures chéries

La paix d’un cœur tranquille en dépit de ses maux, Et de laisser vonir les douces rêveries

Nous ravir à la terre au bruit mourant des eaux

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