II
Ils te trompaient, ma douce bien-aimée, Ils te trompaient dans leur jeu caressant.
Ces vers pompeux où mon âme enivrée Disait brûler d’amour le plus puissant,
Toute en l’extase où vivait ma pensée, J'étais sincère en ce pieux serment,
Car j'ignorais que le cours d’une année...
Dût augmenter ce tendre sentiment.
D TR + SR AV DCE OCT ED PRET LE Ua vétéran LE EU ÿ
C'est qu’à mes feux se joignail l'ignorance Des mille traits que l'Amour a pour lui, Et dont chacun ajoute à sa puissance Quand il nous frappe.
Oh! je vois aujourd’hui Que cet enfant grandit, et qu'avec l’âge Il prend sa force et règne sans partage !
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Ts E PVR
Sous tes doigts blancs, quand le clavier sonore Lance en écho la gaité de ton cœur ;
Ou, frémissant sous la main que j'adore,
S'il fait entendre un soupir de douleur.
Combien j'envie alors en mon délire Chaque baiser du bois harmonieux !..
Que ne prends-tu mes lèvres pour ta lyre ?
Clavier vivant, elles répondraient mieux.
Si l'instrument inerte qui t’'amuse
Devient esprit, s’anime et suit ta voix, Dis-moi, dis-moi que chanterait la muse
Qui pourrait mettre un baiser sur tes doigts !
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Si la mort, brutale ennemie, Tranchait le fil de nos amours,
Que mes vers, ces fleurs de ma vie, Te rappeïient nos plus beaux jours.
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Tu les jugerus, douce amie,
Sans toutefois les comparer
A l’œuvre d’un brillant génie Dont l’art m'aurait pu surpasser.
Et dis : ‘“ Sa muse, jeune encore, ‘4 Comme le fruit tout près d’éclore, “ Se nourrissait pour l'avenir :
‘4 Amour ! si le pays honore « Ses rivaux, fiers de parvenir, « Lisons ses vers en souvenir !”?
juillet 1869,