‹ Les Laurentiennes: poesiesChapitre 60 sur 79 · FEVRIER · texte numérisé non relu

FEVRIER

La neige a couvert les sillons, Adieu les coteaux et la plaine !

€ar les routes qu'on voit à peine, Ne contournent plus les vallons.

Le vent glacé du Nord arrive, En soulevant des tourbillons.

Le fleuve agite ses glaçons, Et les rejette sur sa rive.

Tout est pâle et semble mourir.

La solitude m'environne.

Mon pauvre cœur souffre et frissonne.

Il ne peut que se souvenir.

Déjà, sans sceptre et sans couronne,

L'été s'est enfui loin de nous ;

L'hiver nous tient sous les verrous.

Depuis quil a proscrit Tautomne.

Je tourne en mon isolement, Comme la fauvette en sa cage, Sans gaité, rêveur et sauvage, Sans hut ni voix aucunement !

Sifflez, ô vents ! dans les ramures.

Vos éclats, vos cris, vos murmures, Sont d'accord avec mes douleurs !

Dépouillez dans votre colère, Les champs de leur blanche poussière, Et ramenez le mois des fleurs !

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