ACTE IF, SCÈNE III
qui vous aime, et dont toute la joie sera d’assurer votre bonheur.
Mon bonheur !... Hélas! Dieu veuille que vous ne l’ayez pas à jamais détruit! Je ne sais quel danger me menace; mais je me sens pleine de terreur !
* LF. BARON.
De la terreur!... guand vous allez voir l’ami de votre mère... lorsque j'ai pris soin moi-même de vous entourer de tous les égards, de tous les respects...
MARGARIDA.
Mais où sommes-nous ici?
LE BARON
Où... nous sommes?... (a part.) Si elle savait que c’est au palais de Mafra!
MARGARIDA, avec crainte.
Oh ! ce n’est pas à la cour, n’est-il pas vrai?
LE BARON
Non, non, rassurez-vous... Ce séjour est habité par ce noble seigneur dont je vous ai parlé.... C’est l’asile de la sagesse, du calme surtout... (Fanfares en dehors.)
MARGARIDA.^
Quel est ce bruit?
LE BARON, à part.
Quel contre-temps!... Ah! c’est que le roi ne soupçonne pas que je lui amène celle qu’il aime. (Haut.) Remettez-vous, mon enfant, ce sont... quelques amis ou quelques voisins... qu’on éloignera dès que j’aurai prévenu Monseigneur...
MARGARIDA, avec effroi.
Le bruit se rapproche!... ils viennent... les voici!...
Entrez là, dans ce pavillon, où des femmes que j’ai mises à votre service se chargeront du soin de vous parer... Allez... je vous avertirai en frappant deux coups, dès que Monseigneur sera seul.
MARGARIDA, entrant dans le pavillon.
Mon Dieu! veillez sur moi!...