‹ Les lavandieres de Santarem operacomique en trois actesChapitre 35 sur 71 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

. LE BARON, à part.

Cède ra-t- elle?... ici, mon cœur Palpite d’espoir et de peur !

LE ROI , à Margarida.

J’ai sur le roi quelqu’intluence;

Parlez donc avec conüance.

Que diriez-vous, répondez-moi.

Si vous étiez devarit le roi?

LE BARON, à part.

Très-bien !... c’est cela, sur ma foi !

(A Margarida.)

Répondez! répondez! Que diriez-vous au roi ? MARGARIDA, troublée et hésitant*

Je dirais... je dirais...

LE ROI

Eh! bien !

MARGARIDA.

Je dirais. Sire

PREMIER COUPLET

Un bon roi jamais ne désire Que le bonheur de ses sujets ;

Comme un père, il reçut l’empire Pour les combler de ses bienfaits.

Ah ! daignez donc, en ce palais,

Me protéger et me conduire...

Voilà ce que je dirais, moi.

Si je parlais devant le roi.

ENSEMBLE '

LE ROI; à part.

Que de candeur et d’innocence !

De posséder tant de beauté.

Ah! déjà ia douce espérance Sourit à mon cœur enchanté !

MARGARIDA, k part.

Ah ! je sens plus de confiance !

Son regard est plein de bonté.

Et déjà la douce espérance Renaît en mon cœur agité.

LE BARON, à part.

Ah! je sens plus de confiance!

La vertu, l’ingénuité,

A la laveur, à la puissance,

Ici, n’a jamais résisté.

LE ROI, >e rapprochant cl prenant la main de Margarida.

Mais, si prenant, comme ici je le fais.

Cette main divine et charmante.

Si pressant dans ses bras cette taille élégante,

(il l’entoure de ses bras.)

Il ajoutait : pour prix de mes bienfaits.

LES LAVANDIÈRES DE SANfAREM.

Je ne demande, je n’implore Qu’un peu d’amour...

MARGARIDA, s’éloignant vivement.

Grand Dieu !

LE ROI, avec feu.

Car je t’adore!

Réponds!

MARGARIDA, effrayé*.

O ciel ! qu’ai-je entendu !

Le roi m’aimer!

DE ROI

Et de toute son âme !

UARGAR1DA.

Le roi voudrait ma honte !

LE BAROJf, à part.

Hélas ! tout est perdu !

HARGARIDA.

Ah! ce serait indigne !... ah ! ce serait infâme!...

LE BARON, bas à Mirgarida.

Silence!... c'est lui!... c’est le roi !

MARGARIDA.

Le roi !

LE BARON, bas.

Le roi lui-même !

MARGARIDA, h pari.

O terreur! ô surprise extrême !

LE ROI, se rapprochant.

Que diriez-vous, répondez-rhoi.

Si vous étiez devant le roi ?

LE BARON, à pari.

Je me meurs de crainte et d’ëffroi !

(Bas à Margarida.)

Songez, songez que c’est le roi!

MARGARIDA , relevant la tète, avec force et tÜgkité.

Ah ! si j’étais

Devaut le roi, je lui dirais :

DEUXIÈME COUPLET

Reprenez votre bienveillance )

Elle réclame un prix honteux.

Pour tout bien, moi, j’ai l’innocence,

’Le seul trésor des malheureux ;

Mais ce bien vaut plus à mes yeux Que la grandeur et la puissauce.

(Avec intention.)

Voilà ce que je dirais, moi,

Si je parlais devant le roi.

ENSEMBLE

LE ROI, à part.

O destin terrible!

Elle est inflexible ;

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