C. — Hydrates de carbone
L'accord s’est fait beaucoup plus facilement sur la valeur alimentaire des lavements hydrocarbonés que sur celle des albuminoïdes. L'ensemble des expé-= rimentateurs admettent l'absorption des hydrates de carbone par la voie rectale ; les divergences ne surgissent que pour les cas d'espèces et de doses.
… L'amidon, le tapioca et les fécules méritent de disparaître de la formule des lavements nutritifs. L'amidon cru n’est à coup sûr pas résorbé. Cuit, il n’est assimilé que dans la mesure où il a été saccharifié au préalable par les amylases microbiennes où par les divers ferments amylolytiques du tube digestif qui ont pu passer dans le gros intestlin (Kobert). Dans ces conditions, absorption est très lente et ne devient considérable qu'au bout de ving-quatre heures, d'après Wendit.Dèslors,lesfermentationsiutestinales sont la règle, Néanmoins l'amidon est encore trop souvent incorporé aux lavements alimentaires (Boas, Lathier, etc.). Muller recommande d’en ajouter de pelites quantilés aux lavements de sucre de raisin
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pour diminuer l'irritation de la muqueuse provoquée par ceux-ci.
A l’amidon Wendt substitue l'arrow-root. D’autres utilisent diverses farines (riz, pois, etc.), les décoc-, tions de pain on de céréales neutralisées par l'eau de chaux. Toutes ces préparations tombent sous les critiques portées contre l’amidonu. Cependant les décoctions de céréales auraient peut-être l'avantage de fournir à l’organisme les vitamines dont il a besoin et d'éviter la carence dans les cas d’alimentation rectale exclusive et prolongée.
Les sucres, administrés par voie rectale, sont une source d'énergie beaucoup plus importante. La dextrine et la plupart des sucres (glucose, lactose, sucre de canne interverli, etc.) ont été utilisés. On recourt surtout à la dextrine et à la glycose. qui. peuvent être remplacées l’une par l’autre à quantités égales. Leur absorption est considérable, souvent à. peu près complète (Boyd et miss Robertson.) Elles déterminent malheureusement — la glycose surtout — une irritation trop fréquente de la muqueuse rectale. Il est capital de rejeter les préparations commerciales douteuses et de recourir à de la glycose pure, ou mieux à la dextrine. En outre Leube recommande d'éviter les solutions trop concentrées : Boo centimètres cubes d’une solution à 20 o/o lui apparaissent comme un maximum.
Luthje recourt à des solutions beaucoup moins concentrées encore : 5, 4 0/0. Jacobson et Rewald ont obtenu de leur côté des résultats remarquables
chez les phtisiques, les cancéreux et les nerveux en injectant — soit en lavements simples, soit surtout en entéroclyse, — des solutions contenant 4 0/0 de glycose et une égale proportion d'alcool. Ces lavementssont complètement absorbés et on n’en retrouve aucune trace dans le rectum.
Les simples sérums glycusés ont donné des résultats analogues à de nombreux auteurs. Il est curieux de remarquer à ce propos la tolérance imprévue des diabétiques pour les lavements de sucre. Luthje et Arnheim ont constaté que ces lavements, loin d’augmenter la glycosurie, tendent à la diminuer et qu'ils exercent une action analogue sur l'élimination de l’acide diacétique. Il semble que les diabétiques possèdent la propriété singulière d’assimiler et de brûler complètement le sucre administré par la voie rectale. De Keating Hart a noté avec les sérums glucosés une remarquable augmentation de l'appétit et. des forces du diabétique.
D. — Graisses
Beaucoup des matières albuminoïdes administrées en lavement contiennent une proportion plus ou moins considérable de lipoïdes.: C'est le cas, par exemple, de la viande au pancréas (Mayet), du lait, des œufs, dont l’ovolécithine est une graisse phosphorée.
De trop nombreux auteurs recommandent encore
les corps gras en nature, généralement sous forme
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d'émulsion. C’est ainsiqu'onautilisé le beurre (Stüve), les savons en petite quantité et la glycérine, l’iodipine (Baum) et certaines huiles. W. Brinton, Revilliod, Rosenheim ont eu recours à l’huile de foie de morue, qu'ils émulsionnent avec le bicarbonate de soude ; elle donnerait de bons résultats dans les dyspepsies chroniques et les vomissements incoercibles de lagrossesse. Meyer (de Halle) préconise les lavements de crème, additionnés de peptones et de pancréatine, qui posséderaient une haute valeur CASQUE et ne seraient pas irritants, :
De toutes ces substances, certaines sont sans doute utiles, telle que la glycérine; d'autres paraissent toxiques, c’est le cas des savons; la plupart sont plus que totalement inabsorbables par le gros intesün. Munck et Rosenstein ont pu constater le passage de la graisse d’un lavement dans le canal thoracique et Zehmisch ne retrouve dans les selles qu'une proportion infime des graisses injectées En dépit de ces expériences isolées, il semble bien que les matières grasses ne soient absorbées que très faiblement par le rectum (de Leube), l’appoint quotidien ne dépasserait pas 100 à 200 calories, d’après Linossier, et qu'il faille leur demander surtout d’atténuer les
propriétés irritantes des lavements aqueux.
E. — Autres substances
On a vu déjà les résultats intéressants oblenus par
Jacobson et Rewald avec leurs lavements d’alcool
DAIPORE absolu (4 p. 100) et de glycose. Ils ont pu fournir ainsi à leurs sujets de 400 à 1.000 calories par jour. Les solutions sont très rapidement absorbées, sans irritalion intestinale; elles provoquent chez le malade un état d’euphorie ou de somnolence.
Malheureusement l'alcool détermine une sécrétion réflexe notable de l’estomac (Metzger, Spiro, Keste, Umber, Wasserthal) et se trouve nettement contreindiqué dans tous les cas, dont l’uicère est le type, où le repos gastrique absolu est nécessaire. -
Bial et Platenga avaient déjà préconisé une formule où l'alcool est associé à la lactose et aux peptones, mais leur solution (10 0/0) trop concentrée est mal tolérée par le rectum.
D’autres auteursont utilisé des lavementsoù fi figurent le wisky le rhum, le cognac, les vins de madère et de porto et divers autres vins, qui fourniraient, d’après Moutier, un chiffre important de calories. La teinture de kala aurait également donné de bons résultats.
Citonsenfin le café,le muse et de nombreux sels, lels que l’acide salicylique, les phosphate, glycéro-phosphate et hypophosphite de soude, le naphtol B, pour en finir avec l’'énumération des substances variées auxquelles le génie inventif et pittoresque du théra.
peute a pu recourir...