PRÉFACE
Au mois de février, la Bibliothèque Universelle de Lausanne ni ayant fait l'honneur de me demander télégraphiquement « un court article d'actualité », je répondis à son désir tant bien que mal, par un premier fragment qui parut en mars : travail trop hâtif et trop incomplet pour me satisfaire et pour suffire à ce qu'une grande revue étrangère et amie devait attendre de son collaborateur français. Je donnai donc à cette ébauche des suites en mai, juin et septembre, marchant d'abord avec une certaine hésitation qui est très sensible dans l'article de mars sous sa première forme, — le texte de la revue suisse, — mais que j'ai tâché de faire disparaître du volume. Les sentiments de la Suisse dans le grand conflit européen restèrent quelque temps un peu indécis, et un publiciste français pouvait d'abord avoir des doutes sur ce qu'il était autorisé à écrire dans une revue de Genève ou de Lausanne.
Mais je ne tardai pas à me convaincre qu'il m'était permis de tout dire avec une liberté entière, et tranquil-