X PREFACE
idées vraiment nouvelles et sans le désirer d'ailleurs.
Le volume se termine par deux Appendices. Le premier est une courte note sur V origine du mot « Boche », en réponse au Temps, qui, oubliant mon incompétence^ m'avait interrogé sur ce point de langue.
Vautre, beaucoup plus considérable, est une étude morale de 62 pages que ma vieille amie, la Bibliothèque Universelle et Revue suisse, /)u6/ia en juin i9iU, deux mois avant la guerre, sous ce titre : « Sois bon ». C'est presque une actualité, dont la réimpression m'a paru assez opportune à la suite de mes « Leçons de la guerre ». fy soutiens, à la dernière page, une idée contestée et contestable, je l'avoue, mais qu'il ne faut pas rejeter d'emblée et que je serais heureux de voir soumise à une discussion sérieuse : il s'agit de /'euthanasie, ce qui signifie la mort naturelle, doucement aidée et un peu anticipée, mort volontaire ou plutôt consentie, quil serait sage, selon moi, d'autoriser exceptionnellement et sous certaines conditions.
Les hommes, en général, tiennent trop à la vie. Vautelle donc qu'on la conserve à tout prix et qu'on s'y attache avec tant de passion ? En voyant la guerre tuer par centaines de mille les créatures de Dieu, nous apprenons à combien peu de chose tient la vie humaine et combien elle est peu de chose ! Nous nous détachons d'elle avec moins de regret, nous comprenons qu'elle n'est pas notre trésor le plus précieux, et nous sommes prêts à en faire le sacrifice, s'il le faut. C'est sans doute une appréciation plus j uste de la valeur de la vie qui a fini par émousser notre sensibilité depuis que dure la guerre^ et par nous rendre presque indifférents à des deuils aux-