‹ Les leçons de la guerreChapitre 8 sur 34 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

soulagé mon cœur en écrivant ce que je pense du « bandit » impérial. Je crois pouvoir me rendre le témoignage que je ne regretterais pas cette catastrophe. Une peine doit même paraître souhaitable aux esprits ardents et sérieux qui estiment que la vérité mérite que Von souffre pour elle, et qui voient dans ses témoins passionnés des hommes prêts à être des martyrs.

Grâce à Dieu, nous n'en sommes point là. Mais qui sait ce qui peut encore arriver? Il est probable que, sans la flotte anglaise, nous aurions eu notre bombardement de Bordeaux pendant que le gouvernement français résidait dans cette ville. Ne serait-ce pas une belle mort, originale et neuve, de mourir foudroyé par un obus pour avoir dit au Kaiser ses vérités ? Etant vieux et n'ayant plus longtemps à vivre, je crois que je préférerais cette mort « éblouissante et brève » aux galères et à Vennuyeuse prison. Je souhaiterais seulement (on connaît mon incurable vanité d'auteur) que mes Petits sermons de guerre et le présent volume retirassent quelque gloire d'un accident si peu banal, et que, par cette anecdote, ma « réputation littéraire » fût enfin consacrée.

Le vi^ chapitre duvolume est un dernier V^Wi sermon de guerre, intitulé « l'Epreuve » et dédié à M. Fischbacher, qui avait insisté, dans deux lettres successives, pour que je traitasse à mon tour ce vieux thème de la prédication chrétienne. Si Véditeur de tant de sermons que la guerre a produits me recommandait une matière si rebattue, c'est donc qu'il restait encore quelque chose à dire : je m'y suis appliqué, mais sans espérer que j'allais trouver, sur ce grand sujet, des

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