X PREFACE
tion de Fichte, du violent philosophe des Discours à la nation allemande \ non, le vrai savant n'est pas ce prophète fanatique qui imposerait à toute science humaine, a priori, sa foi intéressée en la mission providentielle de son propre pays. L'enthousiasme — quelle que puisse être d'ailleurs la dignité de ses motifs — n'a aucune autorité pour établir des convictions raisonnables : ne craignons pas de le répéter même à nos estimables idéalistes, si nous voulons écarter du jugement scientifique toute ingérence d'idée préconçue ou de passion, principe d'une aberration que les pangermanistes avaient poussée jusqu'aux limites de la démence. Il n'est pas de crise politique, il n'est pas de péril, il n'est pas de guerre, qui doive altérer cette appréciation de la vérité : en général, tous les événements qui sont de nature à troubler l'esprit ne rendent que plus précieuse — parce que plus rare — la sérénité sans laquelle il n'est point de science.
Mais cette suprême vertu intellectuelle — qui n'est pas éloignée de ressembler à \^