‹ Les leçons intellectuelles de la guerreChapitre 7 sur 20 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

possession de soi-même en face du péril, ne se ramène nullement au scepticisme, elle ne sert que de garantie à l'indépendance du jugement, pour laisser à celui-ci toute son impartiale rigueur. La science, ainsi, ne dessèche pas la pensée : elle la libère peut-être des passions communes, elle lui évite de subir l'entraînement des préjugés en cours — mais elle ne lui défend pas de se rencontrer avec le sentiment de la foule, quoique par un autre chemin.

Tandis que les littérateurs favoris du public mettent souvent tout un art à enjoliver leurs rêves, leur espérance, leur « optimisme » — ou à l'occasion leur « pessimisme » — selon les tendances du jour, le labeur solitaire du savant qui s'abstrait des courants de l'opinion au point de les considérer eux-mêmes comme un sujet d'étude, n'est pas non plus sans poésie. Ce n'est point là, pourtant, se croire « audessus de la mêlée », si l'on désigne par cette formule l'attitude peu scientifique qui consisterait à se réfugier en terrain « neutre », ou plutôt dans les nuées de ses

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