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INTRODUCTION

i. La dénomination de Lectionuaire est susceptible de recevoir un sens plus ou moins large, suivant qu'on envisage la destination du recueil liturgique désigné sous ce nom ou qu'on se place à des époques différentes dans l'histoire de la Liturgie elle-même. Elle dérive du mot Lectio et appartient à l'Église occidentale (i).

D'une façon générale, le Lectionnaire s'entend du Recueil ou Codex manuscrit renfermant les passages destinés à être lus dans les offices publics, et notamment à la messe. Les Grecs désignaient ces livres sous le nom de ' \va7vwcV1; ou 'AvotYvwjiœro^ et c'est l'expression que Ton retrouve dans Origène (par exemple, dans le texte cité quelques pages plus loin) ; dans ce recueil, on réunissait, pour les avoir plus commodément sous la main, les passages de la Sainte Ecriture (Ancien ou Nouveau Testament) dont la lecture était faite dans les assemblées chrétiennes, et on les rangeait dans l'ordre des jours de Tannée ou des fêtes célébrées. L'expression des latins Lectio, d'où

(1) Voir Zaccaria : Bibliotheca ritualis, i, p. 3;. Tommasi, O/era, tora. V, préface, p. zxi.

Lectionnaire, a la signification générale du mot grec avoYvwcriç qui veut dire aussi « lecture, action de lire ». Toutefois dans l'Église grecque, comme dans l'Eglise latine, on ne tarda pas à réserver le mot pour désigner des extraits de la Bible, et Agobard (De correctione Antiphon., cap. 19) caractérise très bien le Lectionnaire liturgique quand il l'appelle : « Liber lectionum ex divinis libris congrua ratione collectus. » On y réunissait les extraits de l'Ancien et du Nouveau Testament.

La présence de passages empruntés aux Epîtres canoniques des Apôtres, et notamment de saint Paul, la place importante qu'ils y occupaient, firent donner au recueil le nom & Apôtre ou Apostolique, 'AttottoXo;, 'ATïoaxoXi/.ov : d'ordinaire, en effet, les leçons de la messe furent empruntées à cette partie du Nouveau Testament. Bien plus, comme on y joignait le récit des Actes des Apôtres, le terme tz^Iol^oitoIo; fut aussi parfois employé. Il arriva qu'on réunit au même volume le recueil des récits évangéliques ; le tout s'appelait encore Lectionnaire.

Dans ce travail nous voulons garder au mot Lectionnaire sa signification plus restreinte et le considérer comme le livre liturgique renfermant les passages de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau distincts des Evangiles. Ce recueil était l'un des quatre dont on avait besoin pour la célébration de la messe : Antiphonaire, Lectionnaire, Evangéliaire et Sacramentaire. Il formait

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une partie des Recueils qu'on a appelés Cornes ou Liber comifis, ensemble des indications concernant la lecture des Prophètes, de l'Epître et de l'Evangile. L'expression Contes évoque l'idée d'un compagnon inséparable avec lequel doivent s'entretenir familièrement les hommes d'Eglise, appliqués, suivant l'expression du Psalmiste (Ps. I, 2), à méditer jour et nuit la Loi du Seigneur. Un mot devra suffire aux ministres de l'autel pour retrouver l'expression de cette loi : aussi ces Comités sont souvent une brève indication qui donne le commencement et la fin du texte à lire ; cette simplification donna naissance à une antre dénomination : les Capitulaires, il y eut ainsi le Capitulaire des Leçons, le Capitulaire des Epîtres, comme il y avait le Capitulaire des Evangiles.

Un dernier mot à propos de l'expression Lec~ tionnaire: vers le XIe ou XIIe siècle, elle fut employée aussi pour désigner les recueils des Lectures qui se faisaient à l'office (Homiliaires, Sermonnaires, Passionnaires, Actes des martyrs) mais distinctes de la Sainte Ecriture pour laquelle il y avait un Codex spécial : si parfois nous adoptons ce sens tout à fait restreint, ce sera d'une façon exceptionnelle et quand nous aurons à dire un mot des leçons dans l'office divin.

2. Division. — Voici un aperçu général de ce que contiendra le présent opuscule. On le divisera en cinq chapitres. — Dans le premier, on

se propose d'interroger la tradition des premiers siècles de l'Eglise (du IIe au vf ), pour savoir ce que fut la Lecture des Livres Saints dans l'office liturgique. — Dans un second chapitre, on essaiera d'établir ce que durent être les Lectionnaires, entre le VIe et le IXe siècle, en recherchant les vestiges qui en sont restés dans les documents les plus anciens. — Le troisième chapitre sera consacré à une étude d'ensemble sur les Lectionnaires des IXe, x° et XIe siècles. — Le quatrième chapitre rendra compte de ce que furent, toujours dans leur ensemble, les Lectionnaires depuis le XIe siècle jusqu'au XVe, époque où ils font place aux missels pléniers. — Enfin le cinquième chapitre formera une sorte de synthèse destinée à montrer le lien logique entre les lectures du Missel romain.

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