CONCLUSION
Le dernier chapitre paraîtra de prime abord ne pas très bien cadrer avec les précédents, ni avec l'ensemble du travail ; il est bon de dire au lecteur dans quel but nous l'avons écrit. Nous le lui proposons comme un essai de synthèse dans lequel apparaît le lien logique entre les diverses lectures de la messe : il nous semble qu'il pourrait fournir matière à des sujets de méditation sur la liturgie. Pour peu qu'un prêtre veuille l'utiliser en vue de son oraison de chaque matin, il en fera certainement sortir des considérations très instructives et très fructueuses pour la sanctification de son âme. Maintes fois nous avons entendu dire à des prédicateurs de retraites pastorales : « Prêtres du saint ministère, vous ne savez trop, dites-vous, comment faire votre méditation du matin, vous vous plaignez que les livres vous manquent pour cela, que ceux qui existent ne répondent pas à ce que vous en attendiez : mais faites donc vousmêmes votre sujet de méditation en vous servant
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de votre Bible, de votre Bréviaire ou de votre Missel ; créez-le de toutes pièces, si l'on peut ainsi parler, tracez-en sur le papier les grandes lignes, suivant ce que la lecture et la réflexion personnelle vous suggèrent. » — Eh bien ! oui : prenez votre missel, suivez dans le propre du temps le développement de l'année liturgique ; lisez-y les passages de la Bible dans le cadre où l'Eglise les a placés, demandez-vous pourquoi ils sont mis à telle époque et non pas à telle autre, quels rapports ils peuvent avoir avec les mystères que vous célébrez, quelles applications personnelles vous pouvez faire à votre état d'âme et à votre situation. Donner une réponse à ces diverses questions sur un texte donné, c'est vivifier ce texte, se ménager une dévotion et une onction spéciales quand on le prononce dans la célébration du divin sacrifice. Consignez par écrit sur une feuille détachée le résumé de vos réflexions ; ce que vous avez fait pendant une anné e pour les lectures des Epîtres, faites-le l'année suivante pour les lectures évangéliques, comparez ensuite les unes et les autres pour étudier les liens qui les rattachent ; vos feuilles classées ensuite vous fourniront le meilleur recueil de méditations que vous puissiez souhaiter, car ce sera un recueil vécu. Vous comprendrez mieux alors le sens profond de cette observation de saint Paul : Vivus est sermo Dei, et efficax, et penetrabilior omm gladio ancipiti (Hébr., iv, 12). — Bien des âmes
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chrétiennes parmi celles qui vous sont confiées sont capables d'entrer dans cette voie si vous les y engagez : elles comprendront alors tout le parti que l'on peut tirer de la sainte liturgie, assisteront à la sainte messe avec plus d'intérêt et de profit.
Nous nous estimerions trop heureux si ce présent travail et celui sur les Evangéliaires pouvaient orienter, dans ce sens, prêtres et fidèles, et leur découvrir les trésors de sanctification cachés sous l'écorce de la divine parole.