CHAPITRE V
Vue d'ensemble sur les Lectures du Missel romain.
I. Les Lectionnaires eurent le sort des Evangéliaires ; à côté de ces recueils avaient paru, vers le XIe siècle, les missels pléniers. Assez rares au début, ceux-ci se multiplièrent, prirent place à côté des Lectionnaires pendant plusieurs siècles et finirent par les supplanter. L'imprimerie étant venue faciliter la multiplication des exemplaires en même temps qu'elle permettait de diminuer leur volume, il n'y eut plus dès lors que des Missels, où se trouvait réuni tout ce dont on avait besoin pour les lectures du Saint-Sacrifice. Ce changement ne fit pas disparaître les divergences dans les lectures ; et, comme elles s'accentuaient chaque jour, le saint Concile de Trente décida d'y mettre fin en rétablissant l'uniformité pour le missel comme pour le bréviaire. Le pape saint Pie V accomplit ce dessein par la publication du nouveau Missel romain qu'il rendit obligatoire
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pour toute l'Eglise. Dans la bulle de promulgation Quo primum tempore, il déclare qu'une commission établie par lui a accompli cette œuvre, après avoir « soigneusement comparé entre eux les anciens manuscrits de la Bibliothèque Yaticane et d'autres encore, qu'elle s'est efforcée de rétablir dans sa pureté primitive la règle des anciens Pères ». De fait, en ce qui concerne la lecture des Epîtres comme de l'Evangile — et c'est une constatation faite au cours de ces études — le Missel romain est en accord avec l'ensemble des documents : des pratiques particulières ont été modifiées, les églises qui n'avaient pas en leur faveur une approbation du Saint Siège ou une coutume comptant plus de deux cents ans d'existence ont été invitées à prendre le Missel romain
Parcourons rapidement ce précieux monument de notre liturgie auquel, depuis plus de trois cents ans, ont été apportées quelques modifications de détail ; voyons, pour notre édification, quelle pensée, quel esprit a guidé l'Eglise dans le choix des lectures.
II. Nous n'avons rien dit précédemment des expressions générales que l'Eglise dans sa liturgie a jointes au texte sacré soit pour annoncer la lecture, soit pour entrer en matière. Cependant ces formules qui nous sont familières ont une origine très ancienne : on les retrouve pour la plupart dans les manuscrits adaptés aux usages
liturgiques, elles sont écrites aux marges ; elles pouvaient varier selon les circonstances. Celles que nous trouvons dans le Missel romain ou dans dans le Missel ambrosien peuvent se ramener à quelques types : les lectures tirées de l'Ancien Testament, comme celles tirées du Nouveau qui se rattachent à un fait historique, commencent ou par ces mots : In Mo tempore (c'est la formule consacrée pour le début de l'Evangile), ou par ceux-ci : In diebus Mis (livres historiques de l'Ancien Testament, quelquefois aussi les passages des Prophètes qui ont traita un événement, Actes des Apôtres et Apocalypse dans le Nouveau Testament). Les lectures des Prophètes ou des Livres sapientiaux commencent ex abrupto par le mot du texte sacré : Jicstum deduxit Dominas, . Dilcctus Deo et hominibus ou Hœc dicît Dominas Deus, après qu'on a énoncé le titre du livre Lectio* Libri... Les Kpitres du Nouveau Testament, débutent par le mot : Fratres, c'est le cas du plus grand nombre des Epitres de saint Paul ; ou par le mot : Carissime (Epitres de saint Paul à Timothée et à Tite) ; ou par le mot : Carissimi (Epitres de saint Pierre, de saint Jacques ou de saint Jean). Aucune addition n'est faite quand le commencement de la lecture coïncide avec le commencement même du Livre (voir, par exemple, le début de l'Epitre aux Romains, pour la Vigile de Noël, ou celui de la première Epître de saint Pierre pour la fête du
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22 janvier : Chaire de saint Pierre à Rome).
III. Pénétrée de la pensée de saint Paul, que « tout ce qui a été écrit avant nous l'a été pour notre instruction, afin que par la patience et la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l'espérance » (Rom., 15, 4), l'Eglise a choisi ses lectures dans un but d'enseignement et d'édification, elle les a distribuées au cours de l'année liturgique, donnant, autant que possible, pour chaque mystère, le passage qui s'y adapte, soit au sens littéral, soit au sens spirituel, soit même au sens accommodatice quand elle y voyait un motif de piété. Elle s'est attachée de préférence aux écrits du Nouveau Testament, attendu qu'ils sont pleins d'allusions aux faits de l'Histoire Sainte et à la Législation mosaïque : mais elle a laissé une place assez considérable aux prophéties où se trouvent décrits à l'avance les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption, elle a aussi tiré parti des Livres sapientiaux (Sagesse, Proverbes, Ecclésiastique, etc.) pour nous dépeindre les mérites et la gloire de la Sainte Vierge et des Saints.
Ainsi, toute Tannée liturgique peut se rapporter à la vie de notre divin Sauveur (vie* cachée, souffrante, glorieuse), et à la vie que le chrétien doit mener sur la terre à son exemple, conformément aux enseignements de l'Eglise établie par lui.
1 . La vie cachée de Jésus a sa préparation dans la période d'attente, son commencement dansl'ac-
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complissement du mystère de l'Incarnation, son développement dans les années passées à Nazareth. Tout cela nous est représenté par le temps de l'Avent, de Noël et de l'Epiphanie. — A) Pendant l'Avent, la lecture de l'Epître à la messe emprunte à saint Paul ses enseignements sur les motifs du réveil de l'âme à l'approche de Jésus lumière du monde (Rom., chap. 13, pour le Ier dimanche) ; sur la réunion des païens et des Juifs dans une même famille pour recevoir les bienfaits de la Rédemption : cette réunion a été prédite par le prophète Isaïe (Rom., c. 15, pour le 2e dimanche) ; sur les heureux effets que doit produire la pensée de l'approche du Seigneur (Philipp. , c. 4, pour le 3e dimanche) ; sur la dignité du sacerdoce chrétien dont les rangs se sont grossis par l'ordination de la veille (I Cor. , c. 4, pour le 4e dimanche. — B) Noël ! c'est la naissance de Jésus-Christ, fils*de David selon la chair: l'apôtre saint Pau} nous dit comment nous devons la saluer (Rom., ci, 1, vigile de Noël) ; il nous montre Jésus-Christ, dans sa crèche, comme personnifiant la grâce purifiante et rédemptrice (Tite, c. 2, messe de minuit) ; nous dit ce que doivent être nos devoirset notre espérance(Tite,c. 3, messe de l'aurore) ; nous apprend en même temps que ce Jésus, malgré ses abaissements, veut être salué comme Fils de Dieu, égal à son Père, Roi éternel des anges et des hommes (Hebr., c. 1 , messe du jour). Enveloppé de langes, selon son humanité,
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Jésus reste néanmoins impassible et immortel dans sadivinité : c'estaussil'enseignementquesaint Jean résume dans le prologue de son Evangile, quand il dit : « Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père.» Ce Jésus s'est fait l'un d'entre nous pour pouvoir nous appeler ses frères et nous constituer ses cohéritiers (Galat., c. 4. Dimanche dans l'octave) ; c'est pour cela qu'il répand les premières gou .ces de son sang au jour de la Circoncision (Tite, '.. 3., octave de Noël). — C) Epiphanie. Pour nous rappeler comment Jésus veut appeler à rec evoir sa lumière tous les peuples dont les magpj sont les prémices, l'Eglise a jugé convena* e, dans cette solennité, de mettre en regard l'une de l'autre la prophétie (Isaïe, c. 60) et la réalisation (Saint Mathieu, c. 2), et pendant chaque jour de l'octave elle fait entendre aux fidèles le même enseignement : c'est comme un joyeux refrain qui redit les bontés et les miséricordes du Très-Haut. A mesure que Jésus grandit dans l'ombre, non sans avoir à souffrir, l'Eglise retrace aux fidèles leurs devoirs, toujours par la bouche de l'apôtre saint Paul : que leur reconnaissance se traduise dans un esprit de sacrifice et d'immolation (Rom. r c. 12. Dimanche dans l'octave) ; qu'ils emploient les dons et les grâces reçues à l'édification de leurs frères et rapportent tous leurs actes à la gloire et au service de Dieu (Rom., c. 12. Deuxième
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dimanche après l'Epiphanie) ; qu'ils s'exercent à la charité envers le prochain et s'entretiennent dans la paix avec tous (Rom., it. c. 12. 3 dimanche) ; car dans cet amour du prochain sont renfermés les autres préceptes de la loi (Rom., c. 13. 4' dimanche) ; à la charité qui est le lien de perfection se rattachent toutes les autres vertus (Coloss., 5. 5" dimanche). Ce faisant, les chrétiens pourront se féliciter des fruits qu'aura produits en eux la prédication de l'Evangile (I Thessal., c. 1. 6° dimanche). Ainsi à la croissance de Jésus Enfant doit correspondre la croissance du chrétien.
2. La vie souffrante de Jésus est préparée par les travaux de sa prédication, les privations auxquelles il s'assujettit : elle a son terme dans l'immolation de la Croix : cela nous est représenté par le temps de la Septuagésime, du Carême, de la Passion. — A) Septuagésime. L'Eglise abrège souvent la période qui précède, comme pour faire entendre au chrétien que sa vie sur la terre ne se conçoit pas sans travaux, sans luttes ni sans souffrances. Au dimanche de la Septuagésime, elle nous dit avec saint Paul : Votre vie est un combat, il vous faut marcher à la conquête d'une couronne incorruptible et travailler dans cette vue (I Cor., c. 9 et 101. A la Sexagésime, elle nous présente dans le Grand Apôtre un modèle des souffrances et des luttes par lesquelles l'àme s'affermit dans la vertu (II Cor., c. 1 1 et 12). A la
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Quinquagésime, elle nous dit ce qui doit vivifier toutes nos œuvres, savoir la charité, cette vertu sans laquelle nous ne sommes rien (I Cor., c. 13). B) Carême. Ce saint temps consacré à la pénitence peut aussi rappeler aux fidèles la vie publique du Sauveur et les années qu'il consacra à prêcher sa doctrine. Par ses exemples comme par ses paroles, Il n'a pas cessé un seul instant de nous exciter à faire pénitence : pendant les dimanches de cette partie de l'année liturgique, la lecture de l'apôtre saint Paul reviendra sur ce sujet : plus qu'en aucun autre temps, il faut répondre à la grâce par une vie de renoncement et de mortification, car ce sont des jours de salut qui nous sont offerts (II Cor., 6, ier dimanche) ; Dieu veut avant tout qu'on s'applique à l'œuvre de sa sanctification par la suppression du péché (I Thessal., c. 4, 2e dim.) ; qu'il n'y ait plus rien de commun entre nous et les perfides qui ont effacé de notre âme les traits de la ressemblance divine, marchons comme des enfants de lumière dans l'amour du Sauveur Jésus qui nous a aimés le premier (Ephes., c. 5, 3e dim.) ; Jésus-Christ nous a apporté la vraie liberté, et avec elle la promesse de la joie et du bonheur (Gai., c. 4, 4e dim.) ; aussi bien est-il le pontife et le médiateur qui doit rétablir l'alliance entre Dieu et l'homme par l'effusion de son sang (Hebr., c. 9, dim. de la Passion) ; et ses anéantissements d'esclave qui iront jusqu'à la mort de la croix dans la pratique de
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l'obéissance nous vaudront la possession de la gloire en même temps qu'ils nous servent d'exemple dans le pèlerinage de la vie présente (Philipp., 2, dim. des Rameaux). Mais parallèlement à cette doctrine apostolique, l'Eglise au cours de chaque semaine et pendant tous les jours de Carême nous fait lire ce que les prophètes ont écrit de plus fort et de plus pressant sur la pénitence ; les austères invitations du prophète Joël, ch. 2 (mercredi des cendres), les avis que Dieu fait donner au roi Ezéchias, puis au peuple oublieux de la vraie pénitence par le prophète Isaïe, ch. 38 et 58 (les trois jours qui précèdent le ier dimanche de Carême). Dieu comme un bon Pasteur daigne vous visiter, Ezech., 34 ; travaillez à supprimer tous les obstacles qui vous séparent de lui, Isa., c. 55 (du 1e1 au 2e dimanche) ; — nous omettons pour le moment les lectures spéciales aux Quatre-Temps. — Daniel s'adressant à Dieu dans la détresse (Daniel, c. 9), la veuve de Sarepta ayant recours au prophète Elie (III Rois, 17), Esther priant Dieu pour son peuple (Esther, c. 13), les fils de Jacob implorant la clémence de Joseph leur frère (Gen., 37), Jacob préféré à son frère aîné dans la distribution des bénédictions divines (Gen., 27), ce sont là des exemples qui dictent aux pécheurs leur attitude devant Dieu (du 2' au 3e dimanche). Comme Naaman ils sont couverts de lèpre (IV Rois, c. 5), comme la pauvre veuve ils n'ont pas de quoi payer leur dette (IV Rois,
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c. 4) : qu'ils recourent à Dieu. Dieu lui-même dicte les conditions du pardon en rappelant sa loi (Exod., c. 20) ; mais avant tout il faut faire pénitence (Jérém., c. 7) et se garder de foute contestation avec Dieu comme fit autrefois Israël au désert (Nombres, c. 20) ; comme la chaste Suzanne, il ne faut attendre que de Dieu même sa justification et sa délivrance (Daniel, c. 13, du 3e au 4e dimanche). Jésus est le vrai Salomon qui juge selon l'équité (III Rois, 3) ; comme Moïse, il sait apaiser le courroux de Dieu contre un peuple égaré (Exod., c. 22) ; c'est lui qui ramènera au sein de son peuple la fidélité et la prospérité (Ezéch., c. 36) en le purifiant de toutes ses souillures (Isa., c. 1), en le tirant de la mort comme firent Elisée (IV Rois, 4) et Elie (III Rois, 17) quand ils arrachèrent à la mort le fils d'une pauvre veuve ; c'est lui qui délivrera les captifs suivant sa promesse (Isa., 49, du 4e dimanche au dimanche de la Passion).
C) Passion. Nous avons dit plus haut ce que sont les lectures de l'Apôtre pour les deux dimanches de cette quinzaine : en semaine, l'Eglise veut nous remettre en mémoire la pénitence des Ninivites (jonas, 3), le triomphe de Daniel sur ses persécuteurs (Dan., 14) ; elle nous montre dans Jésus souffrant, le prophète qui rappelle la loi du Seigneur (Lévitiq., c. 19), la victime qui apaise la colère de Dieu (Dan., c. 3), le prophète exposé à la haine de ses concitoyens, conservant au milieu
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de ses souffrances et humiliations la plus inébranlable confiance (Jérém., c. 17 et 19, du dimanche de la Passion au dimanche des Rameaux). Enfin durant la Grande Semaine, Jésus parait, comme Moïse au désert, exposé aux plaintes de ceux qu'il veut sauver (Exod., c. 15 et 16), humilié dans une obéissance qui va jusqu'à la mort (Philip., c. 2), l'homme de douleurs dont Isaïe, c. 50 et 62, Jérémie, c. 11, ont décrit les souffrances ; opérant la guérison prédite par Osée, c. 6 ; et versant son sang" qui, mieux que celui de l'Agneau pascal, opérera la délivrance de son peuple (Exod., c. 12).
Nous savons déjà que les lectures du samedi saint ont un caractère spécial, ayant eu pour destination primitive d'achever l'instruction des catéchumènes : l'Eglise Romaine les conserve pour apprendre aux fidèles que la Résurrection de Jésus-Christ est pour eux un nouveau Baptême, le point de départ d'une vie toute nouvelle.
3. Vie Glorieuse de Jésus : Pâques et le Temps pascal. Avec les enseignements pratiques que saint Paul déduit de ce mystère (I Cor., 5) l'Eglise, pendant tout ce temps, fait passer sous les yeux des fidèles la prédication des Apôtres, toute fondée sur le grand miracle de la Résurrection (Actes des Ap., c. 10, c. 13, c. 3, c. S), les enseignements du chef des Apôtres sur Jésus, Sauveur de son peuple, pierre angulaire de l'édifice nouveau (I Ep. de s. Pierre, c. 2 et 3). Il faut donc croire à la divinité de [ésus, conclut saint Jean
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(Dim. de Quasimodo, I Jo., c. 6). Pendant les dimanches qui suivent jusqu'à l'Ascension, l'Eglise veut que nous allions puiser dans les Epitres catholiques de saint Pierre et de saint Jacques les conseils dont la pratique nous fera vivre de la vie de Jésus ressuscité, les enseignements sur la nécessité et l'efficacité de la prière. Au jour de l'Ascension, elle emprunte au livre des Actes, ch. ier les derniers avis de Jésus et le récit de son élévation au ciel ; elle veut enfin que nous pratiquions la vigilance et le recueillement dans l'attente de l'Esprit Saint (I Ep. de s. Pierre, c. 4, pour le dimanche dans l'Octave del'Ascen^ sion).
A la Pentecôte et durant l'Octave, nous méditons l'accomplissement du Mystère tel qu'il est décrit au second chapitre des Actes, nous sommes invités à admirer les heureux effets de la glorification de Jésus ; transformation des Apôtres et fondation de l'Eglise, telles que le prophète Joël les a décrites à l'avance, ch. 2. (Voir Actes des Ap., c. 10, 8 et 2).
4. Vie du clirétien depuis la fondation de l'Eglise jusqu'à la fin des temps. Elle nous est représentée par le temps qui suit la Pentecôte : les lectures insistent particulièrement sur la pratique des vertus qui sont la conséquence des mystères précédemment exposés ; les Epîtres catholiques et l'apôtre saint Paul dans la partie morale de ses Letttes en fournissent la matière.
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Ainsi, nous dit le Disciple que Jésus aimait, à l'amour que Dieu nous a témoigné répondons par l'amour~de nos frères (I Joan., c. 4. ier dim.), et cela jusqu'à nous immoler pour eux (Item, c. 3. , 2'j dim.). Demeurons dans l'humilité et la vigilance (I Petr., 5. 3e dim.). Ce que nous souffrons n'est rien en comparaison de la gloire (Rom., 8. 4" dim.). Rendons le bien pour le mal (IPetr., c. 3. 5' dim.). Pour les dimanches qui suivent, saint Paul seul nous fournit les enseignements pratiques que l'Eglise prend successivement dans ses Epitres : Rom., c. 6, que l'homme de péché meure en nous, 6e dim. ; Rom., c, 6, que notre vie de péché devienne une vie sainte, 7e dim. ; Rom. , c. 8, sachons mortifier notre chair, 8° dim. ; I Cor., 10, ne demandons pas à Dieu l'impossible, 9e dim. ; I Cor., c. 12, quoique divers, les dons ont Dieu seul pour auteur, et concourent au bien de l'Eglise, 10e dim. ; I Cor., c. i5; résurrection de J.-C. garantie de notre résurrection, n°dim. ; II Cor., c. 3, autorité du ministère apostolique sous la loi nouvelle, 12' dim. ; Galat., c. 3, rôle de la foi dans l'économie du salut, 13e dim.; Galat., c. 5, la chair et l'esprit se combattent, 14e dim. ; Galat., c. 5 et 6, il faut pratiquer le support mutuel, 15' dim. ; Ephes, c. 3, que Dieu nous affermisse dans la foi, immensité de l'amour de J.-C, 16e dim. ; Ephes., ch. 4, demeurons unis dans la foi, vivant suivant notre vocation, 17" dim. — X. B. Notons ici un
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retour à la ire Epître aux Corinth., ch. i, action de grâces pour les dons que Dieu fait à ses créatures, dimanche qui suit les Quatre-Temps de septembre : 18e dim. — Ephes., c. 4, imiter Dieu et J.-C. pour acquérir la sainteté, 19e dim. ; Ephés., c. 5, diverses vertus à pratiquer, 20° dim. ; Ephes., c. 6, armes spirituelles du chrétien contre le démon, 21e dim. ; Philip., c. 1, expression de l'affection de S. Paul pour les chrétiens, 22* dim. ; Philip., c. 3 et 4, toujours progresser en s'attachant à Jésus-Christ, 23e dim. ; Coloss., c. 1, personne et œuvre de Jésus-Christ : ses bienfaits, 24e dim.
5. Les Lectures des Quatre-Temps semblent former un enseignement à part qui rentre dans le cadre précédent : elles sont placées actuellement entre le 3e et le 4e dimanche de l'Avent, entre le ier et le 2e dimanche du Carême ; entre le dimanche de la Pentecôte et celui de la Trinité, enfin entre le 17e et le 18e dimanche après la Pentecôte. En Avent, le prophète Isaïe nous fait célébrer à l'avance le mystère de l'Incarnation qu'il annonce et nous invite à en recueillir les fruits : ch. 2, 7, 11, 19, 35, 40, 45. Cependant saint Paul, dans un passage assez mystérieux, nous dit les terreurs qu'inspirera l'avènement de Jésus à la fin des temps (II Thess., c. 2). En Carême, sont rappelés à notre mémoire les quarante jours que Moïse passe avec Dieu sur la montagne (Exod., 24) ; ceux qu'Elie passe au désert (III Rois, 19) ; nous
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apprenons ensuite que nous devons faire pénitence, personnellement pour notre propre compte (Ezech., c. 18), qu'il faut être fidèle à observer la loi (Deutér., c. 26 et c. 11), qu'il faut aller à Dieu comme à notre libérateur (II Mach,. c. 1), compter uniquement sur sa miséricorde pour notre délivrance (Eccli., c. 36). Saint Paul nous exhorte à nous encourager mutuellement dans la pratique d'une patiente chanté (I Thessal. c. 4). Au temps de la Pentecôte, les lectures s'harmonisent avec le récit des Actes qui nous dit la fondation de l'Eglise, mais nous rappellent aussi qu'il y avait sous l'ancienne Loi une obligation d'offrir à Dieu les prémices (Lévit., c. 23 et 26; Deutér., c. 26) et que nous devons consacrer au Seigneur le fruit de nos travaux et souffrances, ils sont avant tout le produit de l'Esprit-Saint répandu dans nos âmes (Rom., c. 5). En septembre, les enseignements des prophètes sont relatifs au relèvement d'Israël (Amos., c. 9), aux promesses du salut qui lui sont faites pourvu qu'il reconnaisse ses erreurs (Osée, c. 14) ; on y rappelle aussi ce qui, sous l'Ancien Testament, se pratiquait au septième mois ; lecture solennelle de la Loi (II Esdr., 8) ; fêtes célébrées sous les tentes, (Lévit., 23); prière pour le salut du peuple (Michée, c. 7) et fin des deuils de la captivité (Zacharie, 8). Saint Paul nous donne la description de l'ancien Tabernacle avec applications à l'œuvre du pontife de la Loi nouvelle (Hebr., c. 9) /Pour chacun des
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Quatre-Temps de Tannée, le Missel romain donne en cinquième leçon du samedi , la délivrance de Daniel, ch. 3, et le cantique B eue dictas es Domine.
6. Commun des Saints. — C'est aux Livres sapientiaux que l'Eglise emprunte les expressions les plus caractéristiques pour faire l'éloge de ses Saints ; elle prend un éloge d'un caractère général comme celui de la femme forte (Prov., 31) pour l'appliquer aux saintes femmes, ou comme cette attitude du sage qui a les yeux fixés sur Dieu, pour la prêter aux Docteurs (Eccli., 31), ou le désintéressement qu'elle loue dans les Confesseurs non Pontifes (Eccli., 311; tantôt c'est le panégyrique d'un particulier, comme Abraham, Moïse, Aaron, Joseph, qu'elle étend à ses martyrs ou à ses confesseurs (Sagesse, 10 ; Eccli., 44-45) : d'autres fois, pour célébrer ses martyrs, elle montre la récompense qu'ils ont reçue en échange de leurs tourments (Sagesse, 3 et 5, au commun des martyrs). Puis les Epitres de saint Paul (Romains, Corinthiens I et II, Timothée I et II, Hébreux) sont mises à contribution pour nous montrer, dans les Saints, les vrais sages pour qui les souffrances sont peu de chose en face d'un poids immense de gloire, les vrais prêtres qui ont honoré leur sacerdoce en imitant Jésus-Christ, le Souverain Prêtre, les chefs et les guides qu'il faut suivre en toute docilité et soumission.
Enfin des passages de saint Pierre et de saint
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Jacques nous rappellent comment, à l'exemple des saints, il faut savoir prendre notre part en toute* patience des souffrances de Jésus-Christ ; pour nous donner courage, un passage ou deux de l'Apocalypse laisse entrevoir un rayon de cette gloire que l'œil de l'homme n'a point vu.
A cette école, le chrétien comprend ce qu'il faut faire pour imiter les saints ; il se sent encouragé à l'accomplir par la pensée que ceux qui l'ont précédé avaient la même nature et les mêmes faiblesses : « Quod tsti et istœ cur non ego ? » (Saint Augustin).
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