‹ Les légendes épiquesChapitre 100 sur 163 · Chronique de Ph, Mousket · texte numérisé non relu

Chronique de Ph, Mousket

10. Voy. Romania, t. IX (1880), p. 4'1. Il tirait son nom, comme on sait, de Jean Crescentius Xomentanns, qui y fut bloqué par Oton III et qui fut tué le 26 avril 998, Pour le rappeler en passant, ce nom, ainsi que la présence dans nos poèmes de Richard de Normandie, indiquent que la légende de Balan et de Fierabras s'est constituée au plus tôt nu xi« siècle.

Ou bien, nous admettrons avec M. Mario Roques ' que les récits de Philippe Mousket, de Fierabras et <le la Destruction de Rome reposent sur des souvenirs liistoriques de 846, mêlés à des lég-endes de formation italienne : mais où donc des poètes français auraientils recueilli ces légendes italiennes, sinon en Italie, et de préférence, puisqu'elles racontent le pillage de l'église Saint-Pierre de Rome, dans cette église même ?

Ou bien, nous admettrons que les récits de nos chansons de geste ne représentent qu'un jeu d'imagination ; mais il nous faut constater qu'ils sont dus à un poète bon topographe, et que les points de départ et d'attache des fictions qu'il imagina lui furent donnés par de vieux monuments romains : par la mosaïque de Saint-Jean-de-Latran, qui attestait que Gharlemagne avait été le gonfalonnier et le défenseur de saint Pierre, — peut-être par une légende locale (le miracle des barils qui remontent à la surface du Tibre), — par la vue de Château-Croissant et de Château-Miroir.

Entre ces deux explications je ne choisirai pas : il me suffît d'avoir montré qu'on n'en saurait guère imaginer une troisième. Or, elles indiquent l'une et l'autre que ce poète aussi fut un « romieu ».

1. Voire même avec M. Ph. Lauer : car, lui aussi, semblel-il, il suppose que ses divers Guis de Spolète, avant de se " fondre » en un seul personnage épique. Gui de Bourgogne, onl été l'objet, en leur pays, de légendes locales recueillies ensuite par des poètes français.

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