‹ Les légendes épiquesChapitre 37 sur 163 · LA CONOUÈTE DE I.A BRETAGNE PAR CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA CONOUÈTE DE I.A BRETAGNE PAR CHARLEMAGNE

naître en effet, puisqu'il rapporte de saint Malô le miracle insig-ne du païen ressuscité. On peut même préciser et discerner, entre les Vies de saint Malo, celle qu'il a en vue; et c'est sans doute celle que composa, entre 1143 et 11 46, l'évêcjue Jean de Ghàtillon, autrement dit saint Jean de la Grille '. En effet ce vers de la chanson fV Aiquin :

Quar poi avoil illec crestienté

semble être une traduction de ce passage de Jean de Châtillon : « Paiici christiani in ea civitate hahitahanL..n Se fondant sur les Vies de saint Malo, mais les dénaturant, le poète a donc feint que le saint, aux jours où il ressuscita un païen, n'était qu'un pauvre diable d'ermite. Tandis que le « prodome » Malo en est réduit, pour ne pas mourir de faim, à recevoir l'aumône des Sarrasins, là-haut, dans les délices du Paradis, bien loin du champ jadis habité par les vipères et les sauterelles, Samson règne, Samson triomphe et daigne recevoir l'encens et les prières de Gharlemagne et des Bretons. Pour comble d'ironie, le poète renvoie ceux

saint Samson se rencontrent partout indiqués. Exemple : « Unde cepit Maclouus autistes docere populum et ad viam veritatis adducere. Sanctus vero Samson eadem sua in urbe ag-ebat, qui consanguineus Macloui atque Maglorii existebat. » {Vita II sancti Maclouui, dans le Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t. XV, 1884, p. 282).

1. Voir Mabillon, AA. SS. ord . s. Benedicti, saec. I, p. 219. et Ferdinand Lot, .V^/awr/fs d'histoire bretonne [VI^-XP siècle), Paris, 1907, p. 97 et suivantes.

ESSAI d'explication 133

qui pourraient douter de ses dires aux livres conservés dans le sanctuaire de Saint-Malo :

1169 « Si ne créez que je cli de verte,

A Saint Malo est ou livre trouvé... »

Mais, si Ton ouvre une Vie quelconque de saint Malo, on y lit que ce saint fut le premier évêque d'Aleth ; le poète, comme on verra, le dépouillera bientôt de cette gloire.

3" Z,e Moutier Nostre-Dame . Tandis que l'empereur Charles campe à Chastel-Malo, le bon archevêque Ysoré fait tendre son pavillon près d'un marais, au bord de la Rance :

1186 Un moutier a Tarcevesque fondé

De Nostre Dame, la mei'e Dammedé.

C'est, à trois kilomètres de Chastel-Malo, une église de Notre-Dame, «placée un peu en avant de Saint-Suliac, prieuré simple, qui fut successivement occupé par des ermites de saint Augustin, par des Récollets et par des Carmes... Ce lieu est devenu depuis l'île Notre-Dame, en Saint-Jouan-des-Guérets^.

4" La Croix saint Servan. Nous n'en avons pas fini de dénombrer ces épisodes, qui sont les œuvres-vives du roman, bien que les critiques littéraires les traitent comme de vains ornements, et que Léon Gautier-, par

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