Voir Joûon, p. lxxxii
.3. On l'ecueille un peu partout sur les côtes des légendes semblables; à Soulac, par exemple, on prétend que jadis l'îlot de Cordouan était accessible à marée basse, etc.
4. Ahès était une princesse qui entassait les bâtisses, châteaux et routes, s'imaginant qu'elle ne mourrait jamais. Un jour, comme elle faisait construire le grand chemin ferré de Carhaix à Paris, elle vit sur la route, un petit oiseau mort, et songea pour la première fois à la vanité de tout cela qui n'est pas immortel :
Lors a la dame un grand soupir geté :
« Helas, dist ele, pour quoi somes nos nés ?
Or ne me prise un denier monaé,
Ne ma richesse, ne ma grant poesté.
142 LA CONOUÊTE DE LA nULTAfiNE PAR CIIARLEMAGNE
Ce qui est sûr, c'est (jue le poète u vovilu émouvoir l'opinion publique au profit de rarchevêché de Dol. Ce que Léon Gautier appelait des (( digressions filandreuses sur des fondations de moutiers », c'est l'essentiel du roman, c'en est le tout. Le fait est reconnaissable encore parce que ce poème s'est peu répandu, qu'il est resté confiné dans un coin de la Bretagne, et qu'il i;ous est parvenu, ou peu s'en faut, sous sa forme originale. Mais si, par hasard et par malheur, l'auteur d'Aiquin avait eu plus de talent, s'il avait su imaginer une histoire émouvante et belle, son œuvre aurait, comme tant d'autres chansons de geste, couru par les pays et tenté, loin de la Bretagne natale, des renouveleurs. Ils eussent biffé ces histoires de moutiers, supprimé saint Corentin, saint Malo, saint Samson, détruit le ressort, \cngien secret disposé par le premier auteur. Et, si nous n'avions convervé que ces renouvellements, il eût été à jamais impossible de retrouver l'explication vraie de la chanson de geste à'Aiquin. C'est, je crois, l'histoire de plus d'une chanson de geste.
Je n'iert par moi le chemin achevé; Moult me repens dont i ai tant ouvré. »
Voyez sur cette légende F. Lot, Le roi Hoël de Kerahès, Ohès le vieil harbé, les chemins dWhès et la ville de Carhaix {Romania, t. XXIX, 1900, p. 380).