‹ Les légendes épiquesChapitre 64 sur 163 · Remarquer la forme française du nom · texte numérisé non relu

Remarquer la forme française du nom

2. Muratori, /îe/"U7/i italicariirn Scriptores, t. VII, p. 406. Cf. Rajna, art. cité, p. 50.

3. Publiée par Kôlbing, p. xcvii de son édition d'Am/s and Amiloun {Allenglische Bibliothek, II), Heilbronn, 1884.

4. On en connaît un manuscrit du xii'= siècle (Kôlbing-, p. xcvi). Plusieurs critiques attribuent la Vita au xi" siècle; je ne sais sur quels fondements repose cette opinion ; si c'est parce qu'ils voient, avec Kôlbing-, dans la Vita la source de la chanson française, telle que nous l'avons, cette vue est assurément erronée.

5. C'est ce que prouvent la précision topog-i^aphique du récit et la richesse des renseignements que donne l'auteur sur les origines de ces églises.

1S2 LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES d'iTALIE

le lendemain, par un miracle, on retrouva les sarcophag-es réunis dans l'ég-lise Saint-Eusèbe. L'évêque Albin établit dans cette église des prêtres, des diacres et des clercs chargés de la garde des deux corps saints. Il n'est pas dit expressément, mais on comprend que Féglise Saint-Eusèbe prendra un jour le nom de son fondateur, saint Albin '.

Cette double tombe de Mortara, les chansons de geste du xii*^ et du xm" siècle la connaissent :

Ami et A mile '^ ;

15 A Mortiers gisent, que de fl le selon...

3496 Iluec transsirent, c'est veritez prouvée. Li pèlerin qui vont par mi Teslree, Cil sevent bien ou lor tombe est posée.

1. Ces indications sont répétées, avec plus ou moins de détails et de modifications, par plusieurs chroniqueurs italiens, Jacques d'Acqui par exemple (fin du xiii'' siècle) : « Les corps d'Ami et d'Amile furent porlés à grand deuil dans l'église Saint-Albin hors Mortara, et déposés chacun dans un tombeau. Les deux monuments étaient un peu éloignés l'un de l'autre; maintenant, comme tous l'affirment [u( ah omnibus continue asseritu?-), les deux sépultures ont changé de place sans le secours de la main des hommes par un miracle de Dieu, et dans l'église de Saint-Albin le monumentde saint Ami touche le monument de saint Amile » [Chronicon ymaginis mundi, dans les Monumenta hiatoriae patriae, Scriptores, t. III, col. 1492).

2. Éd. C. Hofmann (1882). Je néglige plusieurs textes dérivés plus ou moins directement des chansons de geste françaises, comme le poème anglo-normand d'A/Jii e^ Ami/un [Aniix

and Amiloun, édition E. Kôlbing, 1884, p. 187) :

Lor corps gisent en Lonibardie U Dell fait pur eus granz vertuz, Evegles veer et parler mutz.

Girart Je Blaye ' ;

Amillez et Amis, ce dist l'auctorités.

Furent bon compaignon, loiaus et esprouvés, Et tant que il sont saint et cors sains eslevés; En Lombardie sont...

Jourdain de Blaye ~ :

A Mortiers gisent, es plains de Lombardie.

La Chevalerie Or/ier ■"'• ;

Charlemag'ne, ayant trouvé les corps des deux compag-nons, dit à ses hommes :

5935 « Prendés ces contes, franc chevalier nobile. Dusc'a Mortiers ne vos atargiés mie, Ses enterrés el non sainte Marie. »

l*]t il respondent : « Gon vos plaira, biaus sire. » Diluée s'en tornent, od els j,''rant compaignie, Le g-rant chemin et la voie bastie; Au mostier vinrent a une aube esclarie. Ganter ont fait hautement le servise.

Tôt premerain ont enfoy Amile; En sus de lui conte Ami enfoïrent Près d'un arpent, l'estore le devise; Mais teus vertus i fîst Deus nostre sire Que tôt ensanlle assanlerent et revinrent.

Enfin, la plus ancienne version que nous ayons de

L Cilé par C. Ilofmanii, Amis et Amiles, I8S2, p. xvi.

2. Amis et Am,iles und Jourdain de Blaivies, éd. K. Hofmann, 1882. p. 10.5, V. 7.

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