Histoire de Meaux, t. 1, p
LE MAUSOLÉE D'nGIKR 297
de le dire, si Tune des figures de droite ne tenait un rouleau, où sont inscrits ces vers :
« Audaeconjugium tibi do, Rotlande, sororis, Perpetuumque mei socialis fedus amoris. »
C'est donc Olivier, sûrement; la femme qui est à son côté et qui porte de longues tresses est sans doute la belle Aude, et le personnage qui est à droite d'Aude est Roland. En face, un évêque qui bénit pourrait être Turpin.
Ainsi, au x e siècle, végétait dans l'abbaye de Saint- Faron le culte obscur d'un moine obscur, sur lequel on ne racontait encore que d'innocentes fables hagiographiques. Au xn e siècle nous y retrouvons ce moine, mais dans un monument superbe, entouré de personnages de chansons de geste. Je n'ai pas besoin de marquer l'intérêt de cette métamorphose. Le mausolée d'Ogieretde Benoît ne peut se comparer qu'à ces ^jpwsta que la Grèce élevait à Ajax, à Achille, à Thésée.
Il fut dressé dans la phase de splendeur des chansons de geste. 11 subit au xvi e siècle le même sort que les chansons de geste : un Italien, Gabriel Simeonus, chargé sans doute d'y faire quelques réparations, y mit cette inscription, bien digne de la Renaissance : Heroihus ignotis Gabriel Simeonus restituit. MDXXXV x . C'est en cet état que le. vit Montaigne, en janvier 15802 :
Au fauxbourg, nous vismes l'abbaye de saint Faron, qui est