‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 145 sur 161 · Ad natales SS. Belgii Johannis Molani auctarium, Douai · texte numérisé non relu

Ad natales SS. Belgii Johannis Molani auctarium, Douai

tombe de ce saint * dans l'église du monastère de Waulsort, par lui fondé.

Il n'est autre que ce héros de notre poème, Ybert de Ribemont, le père de Bernier, l'adversaire de Raoul de Cambrai :

3088 Le comte Ybert qui tenoit Vermandois ;

il a ceci de commun avec douze ou treize autres personnages de chansons de geste que nous connaissons le lieu de sa sépulture et que sa tombe était honorée comme celle d'un saint.

Waulsort, sur la Meuse, à peu de distance de Dinant, est une ancienne abbaye de Bénédictins, qui releva tour à tour des évêchés de Metz, de Liège et de Namur.

Dès les premières années du xi e siècle, elle eut à lutter contre un monastère voisin, celui d'Hastières, qui jusquelà était demeuré en sa dépendance 2 . La lutte s'envenima vers le milieu du xn e siècle, au temps de l'abbé de Waulsort Thierry II : les moines dTIastières, pour établir l'ancienneté et l'indépendance primitive de leur maison, avaient produit des documents falsifiés ; les moines de Waulsort, pour maintenir leur suprématie, y opposèrent des documents non moins suspects pour

1526, p. 48. C'est d'après cet ouvrage qu'est composé l'article « Eilbert, comte de Florennes », dans la Biographie nationale belge.

1. « Visitur etiamnum sepulchrum ab humo modice adsurgens ante ostium chori. »

2. Voy. Sackur, Die Rechlsstreit der Klôsler Waulsort und Hastières, dans la Deutsche Zeitsch ri ft fur Geschichlswissenscha/Ï, t. II (1889), p. 341-355, et Die Lebensbeschreibung des heiligen Forannanus (ibid., p. 369-379) ; — L. Lahaye, Étude sur V abbaye de Waulsort, de l'ordre de saint Benoit (944-1795), Liège, 1890.

la plupart 1 . Un moine de l'abbaye se chargea de les grouper en une relation suivie, YHistoria Walciodorensis monasterii 2 , composée peu après Tannée 1 1 52 ;J . C'est une chronique des premiers temps du monastère et par conséquent c'est d'abord une biographie de son fondateur, le comte Ybert.

Presque dans le même temps, pour le remarquer au passage, bien loin de la Meuse, dans les Basses-Cévennes, deux abbayes bénédictines, Aniane et Gellone, s'étaient pareillement querellées. Pour soutenir la lutte, Gellone avait, comme Waulsort, publié une biographie de son fondateur, et la Vie de saint Guillaume de Gellone est pleine de fictions empruntées aux chansons de geste.

1. Je n'ai pas, fort heureusement, à entrer dans l'histoire de cette querelle. Je me borne à dire que le bon droit était du côté de l'abbaye de Waulsort et que le conflit se termina par sa victoire (le 12 janvier 11 52, Eugène III confirme la suprématie de Waulsort; le 8 mai 1152, Frédéric, roi des Romains, règle la sujétion d'Hastières; le 17 mai 1155, Adrien IV proclame à nouveau la prééminence de Waulsort, etc.).

2. Publiée d'abord par d'Achery, Spicilegium, t. II, p. 100 de l'édition in-fol., et t. VII, p. 511 de l'édition in-4°. M. Longnon a réimprimé, d'après l'édition de d'Achery, quelques pages de la chronique (Raoul de Cambrai, p. xcix). Waitz en a depuis procuré une édition meilleure dans les Mon. Germ. hist., SS.,t. XIV, p. 505.

3. D'Achery, Mabillon, etc., la dataient de la fin du xi e siècle; MM. P. Meyer et Longnon ont accepté cette date, et, comme on lit en cette chronique un résumé d'un poème sur Raoul de Cambrai, ils ont conclu naturellement (p. xl) que le poème connu par le chroniqueur de Waulsort remontait au xi e siècle. Ils ne le feraient plus aujourd'hui, car Waitz a établi la date vraie (acceptée depuis sans contestation par Sackur, p. 369, etc.). Je ne m'arrête pas à reproduire les observations de Waitz à l'appui de cette datation : elles sont décisives»

Pareillement, la Vie d 'Ybert exploitera la chanson de geste de Raoul de Cambrai et d'autres chansons de geste encore.

Elle s'ouvre en effet par une généalogie fantastique d'Ybert, prise en partie aux chansons du cycle de Guillaume d'Orange : le comte Ybert descend en droite ligne d'Aymeri de Narbonne 1 et d'Ermenjart, par leur fils Garin d'Anseûne 2 , par leur petit-fils Bovon-sans- Barbe et par leur arrière-petit-fils Ebroïn 3 . Ébroïn 4 épouse Berthe, fille du comte Wicfericus 5 , et engendre

1. Appelé cornes Nammericus, notamment dans une copie de VHistoria qui se trouve à la Bibl. nat., coll. Duchesne, t. 72, fol. 1.

2. Garinus, cornes de Ansolonia, dans la copie de la collection Duchesne.

3. M. Longnon (p. c, note) croit probable que» le paragraphe de la Chronique de Waulsort qui renferme la généalogie du comte Ybert est l'œuvre du religieux qui, vers Tan 1243, continua jusqu'à son époque l'histoire du monastère de Waulsort et obéit dans ces quelques lignes à la tendance si manifeste alors de rattacher à deux ou trois familles héroïques tous les héros des chansons qui constituaient alors le cycle carolingien ». Cette hypothèse était plausible en efFet tant que l'on attribuait la Chronique de Waulsort au xi e siècle ; depuis que Ton y reconnaît une œuvre postérieure à l'an 1152, on n'a plus déraison suffisante de croire interpolée la généalogie du comte Ybert.

4. Ebroïn est le premier personnage réel que l'on rencontre dans cette généalogie. Était-il réellement le père d'Ybert? M. L. Vanderkindere (les Principautés belges, t. II, p. 204) en doute. En efFet, Ebroïn est déjà mentionné comme fidèle du roi Louis le Bègue en 879, et Ybert n'est mort qu'en 977.

5. Widericus est un nom pris à un diplôme authentique de Charles le Simple, délivré vers 915. Les moines d'Hastières s'étaient servis de ce personnage pour fabriquer un acte (reproduit dans la Defensio lihertatis ecclesiae Hasteriensis, Mon. Gernt. hist., SS., t. XIV, p. 541), où il apparaît comme leur fondateur.

sept fils, le comte Ybert, Wedon de Roye, Herbert de Saint-Quentin, etc., et ces trois derniers noms sont ceux de personnages connus du poète de Raoul de Cambrai.

Mais, dans le poème, Wedon et Ybert étaient les fils d'Herbert de Vermandois : ils deviennent ici ses frères.

Après avoir rapporté cette généalogie bizarre, le chroniqueur entre dans le vif de son sujet, qui est de retracer la vie de son héros. Le comte Ybert, plus preux et plus hardi à la guerre que tous les hommes de son temps, avait dès sa jeunesse bâti sept châteaux forts pour se garer de toute fortune contraire. Un jour qu'il se promenait sur un champ de foire dans un bourg de la Thiérache, un beau cheval le tenta. Ce cheval appartenait à un clerc de haute naissance, chanoine de l'église Notre-Dame de Reims. Ybert l'acheta, mais, n'ayant pas à sa disposition l'argent nécessaire pour le payer aussitôt, il prit terme et, contre l'avis de sa femme, la très noble et très sage dame Hersent, il donna en gage au clerc un objet d'un prix inestimable : un béryl précieux, œuvre antique de saint Éloi, qui y avait entaillé l'histoire de la chaste Suzanne 1 . Le clerc emporta ce trésor à Reims ; puis, quand le comte Ybert, lui apportant en argent le prix du cheval, voulut reprendre le

C'est là que l'auteur delà Chronique de Waulsort est allé le chercher pour faire de lui le grand-père maternel d'Ybert et préparer ainsi l'union d'Hastières et de Waulsort.

1. Ce joyau existe encore. Après des aventures multiples (il fut jeté dans la Meuse et repêché), il est aujourd'hui conservé au Musée britannique. C'est une intaille sur cristal de roche, « la plus belle intaille que nous ayons de l'époque carolingienne ». M. Lahaye a donné dans son livre sur Waulsort une planche qui représente ce béryl et il en a raconté l'histoire (p. 292-294).

béryl, il fit l'ignorant et nia qu'il eût rien reçu en gage. Outré de colère, le comte réunit une armée puissante, assiégea Reims, prit la ville et poursuivit son larron jusque dans la basilique de Notre-Dame. Il y mit le feu et reconquit enfin son béryl.

Charles, roi de France, voulut venger l'outrage infligé à Reims ef à son église. Il vint attaquer sur leur territoire le comte Ybert et ses frères. Mais il fut vaincu et pris : «. C'est en l'année 922 qu'Ybert et son frère Herbert firent ainsi prisonnier le roi Charles de France » ; ils l'emmenèrent k à Péronne et l'y retinrent de longs jours en captivité ; puis ils finirent par le relâcher.

Peu après, le roi Charles se vengea ; Herbert venait de mourir, après avoir confié ses quatre fils à son frère Ybert; avant même qu'il fût enterré, un comte de Cambrai, nommé Raoul, envahit sa terre : le roi Charles de France la lui avait donnée, par ressentiment de sa captivité de Péronne.

Tout d'abord, Raoul attaque Saint-Quentin et l'incendie ; puis la guerre se déroule comme dans notre chanson de geste. Raoul met le feu à un monastère de femmes (qui n'est pas nommé; ; les nonnes et Tabbesse périssent. Comme dans le poème, l'abbesse est une femme jadis séduite par Ybert, et elle est la mère de l'écuyer de Raoul, Bernier : deuil du bâtard, desmesure de Raoul, qui le frappe à la tête et le chasse, son retour auprès de son père, Raoul tué en bataille par Bernier, ce sont les mêmes scènes que dans notre chanson. Ici, la mort de Raoul met fin à la guerre ; mais, peu après, comme dans le poème, l'enfant Gautier veut venger le mort. Pendant trois jours il combat contre Bernier à la cour du roi :

la bataille reste indécise; un jugement d'amis rétablit la paix.

Après quelque temps écoulé Bernier mourut, encore tout jeune homme. Ybert n'avait pas d'autre enfant : cette perte le fit rentrer en lui-même; il prit en horreur sa vie passée et résolut de se tourner vers Dieu. De concert avec sa femme, Hersent, il fonda une abbaye à Saint- Michel-en-Thiérache ; puis, à quelque distance de là, un monastère de femmes à Bucilly ; d'autres églises encore.

Il se remémora le sacrilège qu'il avait commis en brûlant la basilique de Notre-Dame à Reims, et, comme il avait en sa jeunesse bâti sept châteaux forts, monuments de malédiction, il voulut élever sept demeures de bénédiction. C'est ainsi qu'il fonda l'église de Florennes et que, en l'an 944, il jeta les fondements de l'abbaye de Waulsort, où il devait un jour (en 967) accueillir un homme de Dieu, venu de l'Ecosse, saint Forannan... {

Ce récit, que j'ai réduit à ses seuls traits essentiels, appelle quelques remarques.

Non pas qu'il soit utile de le comparer en détail à la chanson de geste : les concordances de ces deux récits prouvent que le chroniqueur de Waulsort exploitait 2 un poème à peu près semblable à celui que nous avons et qu'il n'y a nulle raison de faire remonter jusqu'au xi e siècle ; là où ces récits diffèrent, le chroniqueur a-t-il

i. Voy. la Vita s. Forannani (f 982), auctore Roberto, dans les AA. SS. Bolland., t. III d'avril, p. 808-814. Ce Robert, abbé de Waulsort, l'a écrite vers 1140.

2. Directement ou par l'intermédiaire d'une source latine, analogue à la Vita Girardi comitis, par exemple.

reproduit son modèle ou inventé à son plaisir? On ne sait.

Ce qui frappe d'abord, c'est que la vie du comte Ybert est un roman modelé sur le même patron que la vie de Girard de Roussillon. Ici et là un héros orgueilleux, qui, au cours de sa vie guerrière, commet de grandes fautes et des sacrilèges, jusqu'au jour où une épreuve suprême (ici, la mort de Bernier, là, la mort du petit Thierry) lui enseigne la voie du salut ; aidé de sa femme (ici, Hersent, là, Berthe), il choisit Dieu pour son héritier, et, comme Girard de Roussillon avait fondé douze monastères en souvenir des douze victoires que Dieu lui avait accordées, le comte Ybert fonde sept églises en souvenir de ses sept châteaux forts. Depuis l'aventure du début, qui a mis en relief son orgueil et sa futilité (à cause d'un cheval et d'un béryl, l'église de Reims est profanée, des hommes périssent en bataille, le roi de France est jeté en prison, et, par représailles, le roi lance contre Ybert Raoul de Cambrai), jusqu'à la mort de Bernier, qui amène la catastrophe, c'est un scénario bien agencé, où l'agression de Raoul de Cambrai intervient à la place utile et logique. Est-ce le moine de Waulsort qui a le premier imaginé cette combinaison de dramaturge habile? Ou bien aurait-il existé une chanson de geste dont Ybert de Ribemont était le héros principal et où l'aventure de Raoul de Cambrai ne formait qu'un épisode? Je me borne à poser la question.

Quoi qu'il en soit, le moine de Waulsort a donc résumé une version de Raoul de Cambrai ; mais ce récit de chanson de geste, il Ta enfermé entre deux dates : 922, date où le roi Charles est jeté dans la prison de Péronne,

944, date de la fondation de Waulsort. La date de 944 lui était fournie par les parchemins de son abbaye * , la date de 922 par Flodoard ou par Tune des nombreuses sources annalistiques qui relatent la capture du roi Charles le Simple par Herbert de Vermandois. Dans cette même abbaye de Waulsort et dans le même temps, un autre moine plagiait V Histoire de V église de Reims, de Flodoard 2 . Notre chroniqueur, pour composer sa vie du comte Ybert, avait sur sa table une version de la chanson de geste de Raoul de Cambrai, et aussi des chroniques latines et des chartes ; lors donc que nous supposions que là-bas, à Cambrai, un chanoine de Saint- Géri avait pu, un jour, lire les Annales de Flodoard et en rapprocher certain passage de certaines chartes et de certaines traditions de son église, cette supposition n'était pas si invraisemblable : c'est ce que nous voyons faire au moine de Waulsort.

Mais n'y a-t-il nul autre enseignement à tirer de sa Chronique! Sommes-nous ici, comme à Origny-Sainte- Benoîte, en présence de simples faits d'exploitation tardive d'une légende héroïque déjà toute constituée et qui

1. Par exemple par un diplôme de l'empereur Otton, délivré le 19 septembre 946 (Mon. Germ., Diplomata, t. I, n° 81, p. 160), en faveur du monastère de Waulsort, fondé par Eilbert et sa femme Hersent (voy. Karl von Kalckstein, Geschichte des franzôsischen Kônigsthums unter den ersten Kapetingern, p. 257, n. 2, et Ph. Lauer, ouvr. cité, p. 148).

2. Je fais allusion à la Vie de saint Eloque, composée à Waulsort et publiée dans les Analectes pour servir à V histoire ecclésiastique de la Belgique, t. V, p. 344 et suiv. L'auteur y démarque, à la page 350, dix lignes du livre IV, ch. iv, de Y Histoire de Véglise de Reims. Ce plagiat a été remarqué d'abord par l'éditeur de la Vita s. Forannani{AA.SS. Bolland., t. III d'avril, p. 819 E) .

n'avait rien dû jusque-là à des influences monastiques ? Pour le savoir, posons-nous cette question : le comte Ybert, au dire de la Chronique de Waulsort, fonde ou restaure, entre autres monastères, Homblières, Saint- Michel-en-Thiérache, Bucilly ; qu'en fut-il dans la réalité*?

A Homblières (à six kilomètres à Test de Saint- Quentin, diocèse de Soissons), depuis le milieu du vu e siècle, des religieuses occupaient une abbaye 2 . Au

1 . Cette recherche implique l'examen d'un grand nombre de chartes. Pour les critiquer avec sûreté, il y fallait un diplomatiste, et je ne suis qu'un littérateur : incedo per suppositos cineres. Du moins, j'ai lu avec application tous les documents anciens relatifs aux abbayes dont je parle, et, je crois, tout ce qu'on a publié sur elles. De plus, j'ai eu entre les mains un dossier précieux, déposé à l'École des Hautes Études : c'est une collection, faite par A. Giry, des pièces relatives à Waulsort et aux églises réellement ou prétendument fondées par le comte Ybert. A. Giry préparait un mémoire sur ce personnage ; il n'en a malheureusement rédigé que cinq ou six pages, auxquelles j'emprunterai, comme on verra, deux remarques importantes. Ce fragment d'étude débute ainsi : « Ybert, héros de la chanson de geste de Raoul de Cambrai, est particulièrement intéressant à étudier, parce que, à côté de la légende épique, s'est développée sur son nom une curieuse légende monastique. Les derniers éditeurs du poème l'ont, avec toute raison, identifié avec un personnage du même nom, baron renommé, mentionné dans un certain nombre de chartes et dans la Chronique de l'abbaye de Waulsort, qu'il avait fondée. Je pense seulement qu'il serait plus exact de dire que la légende, peut-être à cause de la similitude de nom, a réuni en une seule individualité deux personnages différents, YEilbertus des chartes et son suzerain le comte Albert I er de Vermandois. » La suite ne permet pas (du moins ne m'a pas permis) d'entrevoir le plan de l'auteur, ni s'il se proposait de tirer de son étude des conclusions d'ordre littéraire.

2. Voy. sur cette abbaye la Gallia christiana, t. IX, col. 1074

temps de l'abbesse Berthe (f 946), ces filles étant tombées dans le désordre (non satis honeste viventibus), elles furent expulsées en 948, et des moines bénédictins, dont le premier abbé fut un certain Bernier, vinrent s'établir à leur place.

Des chartes authentiques nous apprennent quels furent les auteurs de cette réforme : c'est un seigneur nommé Ybert (Eilbertus), agissant de concert avec sa femme Hersent (Hersendis), qui possédait l'abbaye d'Homblières à titre de bénéfice et qui la tenait du comte Albert I er de Vermandois. Les chartes et diplômes distinguent nettement Albert, seul qualifié du titre de comte : Adalbertus inclitae indolis cornes, et Ybert, qui est appelé seulement nobilis wr 1 , idoneus satis vir 2 , venerabilis vir Eilbertus 3 . Le comte Albert est le seigneur (dominus)**, Ybert

et suiv.jcf. E. Lemaire, Essai sur V histoire de la ville de Saint- Quentin, 1886-1887, p. 300.

1. Diplôme de Louis IV d'Outre-Mer, du 1« T octobre 948, intitulé dans le cartulaire d'Homblières (Bibl. nat., lat. 13911, fol. 9 ; Recueil des Historiens de la France, t. IX, p. 605) : De expulsione sanctimonialium et quomodo monachi intraverint ; «... Nostram adeuntes praesentiam Adalbertus, inclitae indolis cornes, una cum nobili viro Eilberto et conjuge sua Hersendi... Nostra annuente authoritate praedictus Eilbertus praedictam abbatiam domino suo videlicet Adalberto reddidit, isdem vero cornes nostrae ditioni eamdem reddidit... »

2. Bulle du pape Agapet II (955), qui approuve la réforme opérée par le roi Louis IV, par Albert et Ybert : « Comité Adalberto et idoneo satis viro Eilberto qui eamdem abbatiolam jure beneficii possidebat » (Ms. 13911, fol. 13; cf. Colliette, t. I. p. 564). Les mêmes termes reparaissent dans une bulle de Jean XII en 956 (ms. 13911, fol. 8 ; cf. Colliette, t. I, p. 566).

3. Diplôme de Lothaire, éd. L. Halphen et F. Lot, Recueil des actes de Lothaire et de Louis V, 1907, n° IX.

Page 1