‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 37 sur 161 · Voy. Jotion, p. lxxxu · texte numérisé non relu

Voy. Jotion, p. lxxxu

3. On recueille un peu partout sur les côtes des légendes semblables ; à Soulac, par exemple, on prétend que jadis l'îlot de Cordouan était accessible à marée basse, etc.

4. Ahès était une princesse qui entassait les bâtisses, châteaux et routes, s'imagina nt qu'elle ne mourrait jamais. Un jour, comme elle faisait construire le grand chemin ferré de Carhaix à Paris, elle voit sur la route un petit oiseau mort, et songe pour la première fois à la vanité de tout cela qui n'est pas immortel :

Lors a la dame un grand soupir geté :

« Helas, dist cle, pour quoi somes nos nés ?

Or ne me prise un denier monaé,

Ne ma richesse, ne ma grande poesté.

essai d'explication 135

Ce qui est sûr, c'est que le poète a voulu émouvoir l'opinion publique au proGt de l'archevêché de Dol. Ce que Léon Gautier appelait des « digressions filandreuses sur des fondations de moutiers », ce sont les œuvres vives du roman, c'en est le tout. Le fait est reconnaissablé encore parce que ce poème s'est peu répandu, qu'il est resté confiné dans un coin de la Bretagne, et qu'il nous est parvenu, ou peu s'en faut, sous sa forme originale. Mais si, par hasard et par malheur, l'auteur d'Aiquin avait eu plus de talent, s'il avait su imaginer une histoire émouvante et belle, son œuvre aurait, comme tant d'autres chansons de geste, couru par les pays et tenté, loin de la Bretagne natale, des renouveleurs. Ils eussent biffé ces histoires de moutiers, supprimé saint Corentin, saint Malo, saint Samson, détruit le ressort, Yengien secret disposé par le premier auteur. Et, si nous n'avions conservé que ces renouvellements, il eût été à jamais impossible de retrouver l'explication vraie de la chanson de geste d'Aiquin. C'est, je crois, l'histoire de plus d'une chanson de geste.

Ja n'iert par moi le chemin achevé ; Moult me repens dont i ai tant ouvré. »

Voy. sur cette légende F. Lot, Le roi Hoel de Kerahès, Ohès le vieil barbé, les chemins d'Ohès et la ville de Carhaix (Romania, t. XXIX, 1900, p. 380).

LES

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