Sur Aleth, voy. La Borderie, t. I, p. 132 et p
roi est pour lui un homme « de Nort païs », sans doute parce que ces ruines gardaient dans la tradition locale le souvenir du passage des pirates normands 1 . Il utilise d'autres légendes locales encore : des légendes ecclésiastiques, comme celle de la croix de Saint-Servan, qui punit les parjures; des légendes de folk-lore topogragraphique surtout : telle l'histoire d'une ville ancienne engloutie par le courroux céleste dans la mare Saint- Coulman 2 , la croyance populaire que le canal de Cézembre était jadis guéable à marée basse 3 . Ce sont les mêmes procédés que Ton observe dans le Pseudo- Philomena, dans le Roman de Tersin, dans la Vie de saint Honorât : toutes compositions où Charlemagne et ses preux chevaliers sont employés à soutenir les prétentions de telle et telle église.
Qui voulait-on convaincre par la fable d'Aiquin? Estce spécialement des pèlerins? La belle anecdote des chemins d'Ahès et du merle mort 4 est le seul trait, et bien incertain, qui fasse songer à des pèlerins.