‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 48 sur 161 · Cipolla, t. I, p · texte numérisé non relu

Cipolla, t. I, p

3. (Test l'opinion du plus récent des quatre éditeurs du Chronicon, M. C. Cipolla. Muratori fixait la composion de l'œuvre à 1050 environ. Selon Bethmann, le II e livre a été écrit avant 1027, le reste après 1050. M. Rajna croit que la chronique a été écrite à plusieurs reprises, dans la première moitié du xt e siècle. Voyez, pour la discussion de ces diverses opinions, Cipolla, t. II, p. 45 ss.

154 LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES D'iTALIE

fois de son couteau : c'était la Percussio ou la Ferita Waltharii 1 ; tel le perron de sartaignc, fendu par Roland, que Ton montrait à Roncevaux. On voyait aussi, aux abords du monastère, in summitate cujusdam rupU y le sépulcre que Waltharius avait taillé de ses propres mains, pour lui-même et pour son petit-fils Rataidus. Pendant l'invasion des Sarrasins, le souvenir s'était perdu du lieu où il avait creusé cette tombe ; par bonheur, à ce que le chroniqueur prétend, une vieille femme de Suse, nommée Petronilla, âgée de près de deux cents ans, avait aidé à la retrouver : « J'ai eu souvent entre les mains, dit-il, les ossements de ces héros » ; et il raconte l'histoire d'une dame qui, ayant emporté chez elle des fragments de leurs reliques, leur dut de conjurer un incendie 2 .

Qui était ce Waltharius ? On possède, comme on sait, sous le titre de Waltharius^ un poème 3 composé sans doute en 930 par Ekkehart I, moine de Saint-Gall : et c'est, on l'admet généralement, la transposition en beau latin d'école d'un ancien poème germanique, qui remontait, pour le fond, au V e siècle, et qui appartenait à l'épopée des Goths*. Le personnage vénéré à la Novalese n'est autre que le héros de ce poème, Waltharius d'Aquitaine, Waltharius manu fortis, l'otage d'Attila et l'amant de Hildegund, et, pour que nul n'en ignorât,

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