‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 49 sur 161 · Éd. Cipolla, p · texte numérisé non relu

Éd. Cipolla, p

3. Publié par Jacob Grimm et A. Sch nieller (Gôttingen, 1838), par Josef Viktor Scheffel et Alfred Holder (Stuttgart, 1874), etc.

4. Voy . le Grundriss der germ&nischen Philologie, hgg. von Her* mann Paul, 2 e éd., 1901, p. 81 ss.

LA NOVÀLESE 155

notre chroniqueur a inséré dans son œuvre de longs extraits du poème latin 1 . Pourquoi ? Que vient faire à la Novalese ce héros de l'épopée germanique ? Le chroniqueur le fait vivre sous Attila 2 , comme dans le poème latin, et en même temps, par le plus singulier anachronisme, sous le roi des Lombards Desiderius, en sorte que les critiques doutent si la chronique de la Novalese raconte les actes d'un seul ou de deux Waltharius. Quoi qu'il en soit, nous trouvons ici, on ne sait par quelle fortune, annexé au monastère de la Novalese, un personnage célèbre dans la poésie germanique, et je ne puis m'empécher de penser que les clercs qui venaient en Italie, comme Albert de Stade, de l'Allemagne, devaient se réjouir, au passage du Mont Cenis, de retrouver à la Novalese ce personnage familier et de saluer sa tombe.

Or le chroniqueur raconte que son Waltharius, après une vie héroïque et belliqueuse, a cherché un monastère où se retirer : il raconte sa conversion, et, chose singulière, le moniage de ce héros d'origine germanique ressemble à s'y méprendre au Moniage Guillaume, au Moniage Ogier. Comment Waltharius éprouve les moines de la Novalese en faisant dans leur église sonner son bâton muni de sonnettes 3 , — l'apologue du jardin symbolique qu'il cultive 4 , — comment il retrouve et reprend

1. Grundris8 der germanischen Philologie, 2 e éd., 1901, p. 81 ss.

2. Selon le Chronicon Novaliciense (éd. Cipolla, p. 106), le monastère de la Novalese, fondé par une chrétienne, Priscilla, parente de Néron, avait été dévasté par les Vandales, puis par Attila.

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