‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 104 sur 152 · Voir le t. III de cet ouvrage · texte numérisé non relu

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4. Voyez Fidel Fita et Aureliano Fernandez Guerra, Recuerdos de un viaje a Santiago (1889) ; — Camille Daux, Le Pèlerinage à Compostelle et la confrérie des pèlerins de Mgr saint Jacques à Moissac (1898); — H. Bordier, La confrérie de saint Jacques et ses archives (Mémoires de la Société de V histoire de France, t. I, 1875, et t. II, 1876), etc.

LA VIA TOLOSANA

le nom de camino frances ; — ■ la création, en 1161, de l'ordre religieux de saint Jacques-de-l'Epée, dont la devise était Rubet ensis sanguine Arabum, et qui avait pour office, comme en Orient l'ordre de saint Jean, de défendre à main armée les pèlerins ; — la multitude des confréries de saint Jacques fondées en France ; — le nombre vraiment incroyable des hospitia, auberges ou asiles de nuit, que la charité privée avait élevés dans les villages, à la tête des ponts, dans les bois déserts, pour servir de refuges aux pieux -voyageurs. Quelle devait être leur afïluence aux principales étapes, là où tout était organisé, autour des grands sanctuaires, pour leur faire accueil et les retenir !

Le Guide des pèlerins décrit quatre routes qui, ayant traversé la France, se réunissaient en une seule à Puente la Reina, près de Pampelune. Je m'en tiens ici à celle qui passait près du sanctuaire de saint Guillaume, et que le Guide appelle la via Aegidiana ou Tolosana. Le Guide ne nous indique que ces points du parcours : Nîmes, Saint-Gilles, Saint-Guilhemdu-Désert, Toulouse ; mais les conditions géographiques dans les régions qui nous intéressent sont telles que les principales voies de communication sont restées sensiblement les mêmes depuis l'époque romaine jusqu'à nos jours. Que l'on regarde la Table de Peutinger, Tltinérairede l'Hiérosolomitain écrit en l'an 333^0^ au tome XII du Corpus, la carte, dressée

i. Ernest Desjardins et Auguste Longnon, Géographie de la Gaule romaine, t. VI.

par Kiepert, des voies de la Gaule narbonnaise ; si on les compare avec des cartes de la France actuelle, on constatera que les routes nationales, les lignes de chemins de fer et, pour une certaine partie du trajet, le canal du Midi, suivent en général la même ligne que les voies romaines, lesquelles, à leur tour, suivaient sans doute des tracés préhistoriques. Il y a eu certes des variations de l'époque romaine au xme siècle ; mais des érudits ingénieux les ont déterminées1 ; et d'ailleurs nous n'aurons à l'ordinaire à considérer que les principales stations, qui, elles, n'ont jamais dû varier.

Supposons des pèlerins venant du Nord de la France, qui ont des raisons de ne passer ni par la vallée du Rhône, ni par la route de Bordeaux. Ils empruntent nécessairement la grande voie romaine qui allait de l'ancienne Gergovieà Nîmes par Brioude et par Alais, et qui prenait au moyen âge, dans la partie méridionale de son parcours, le nom inexpliqué de Regordane, aujourd'hui cami regourdan.

De Nîmes, si ces pèlerins vont à Saint-Gilles de Provence, comme leur Guide le conseille, ils vont à

1 . Voyez, pour la région de l'Auvergne et de la Provence,. G. Charvet, Les voies vicinales gallo-romaines chez les Volkes- Arécomiques (Comptes rendus de la Société scientifique gT Alais), 1893, p. 81 ; — pour la région de Toulouse et d'Auch : Eugène Dufourcet, Les voies romaines et les chemins de saint Jacques dans l'ancienne Novempopulanie (Congrès archéologique de France, 1888, p. 256) ; — pour la région au delà de Toulouse : Lavergne, Les chemins de saint Jacques en Gascogne (Revue de Gascogne, 1897 et 1898).

LA VIA TOLOSANA

Arles. Là, ils s'engagent sur la voie Domitienne, qui, partant d'Arles, traverse Nîmes, Montpellier, Béziers, Narbonne.

A Narbonne, ils prennent la route que suivait en sens inverse, en l'an 333, le chrétien qui nous a laissé son itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, et c'est la route si souvent qualifiée de ces noms : chemin rournieu, caminus peregrinus, caminus romevus sanct1 Jacobi. Elle les conduit à Toulouse par Lézignan et Garcassonne.

De Toulouse, la grande voie de pénétration, si Ton veut traverser la partie centrale des Pyrénées, est la vallée de la Garonne, soit qu'on veuille gagner le port, aujourd'hui presque abandonné, de Ténarèse, soit plutôt que l'on aille jusqu'à Dax pour se diriger sur le port d'Aspre ou sur Roncevaux : on remontait la ' vallée de la Garonne par l'ancienne voie romaine où l'Itinéraire Antonin marque, entre autres stations, celles de Calagorgis ou Calaguris et d'Aquae Siccae.

Cette route une fois déterminée, interrogeons les chansons de geste du cycle de Guillaume.

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