LA VIA TO LOS AN A
il n'importe guère. Ce qui importe et ce qui est sûr, c'est qu'on l'a attribué de bonne heure à saint Guillaume de Gellone, et que cette confusion (si confusion il y eut) a été exploitée : exploitée par les chanoines de Brioude, qui ont introduit saint Guillaume de Gellone dans leur martyrologe ; par les moines de Gellone, qui ont inséré l'anecdote de Brioude dans la Vita ; par les jongleurs, qui ont localisé à Brioude une scène du Montage Guillaume et plusieurs scènes du Moniage Rainoart. Je ne vois, de ces relations entre deux églises si distantes, entre deux saints si étrangers l'un à l'autre, entre ces poèmes de jongleurs de la France du Nord et ces sanctuaires si éloignés de la France du Nord, qu'une explication imaginable : ces sanctuaires se trouvent sur une même route, où religieux et jongleurs s'appliquaient à édifier et à récréer les mêmes pèlerins.
\. Nîmes.
A l'issue de cette route, Guillaume parvient à Nîmes et la conquiert. C'est la chanson du Charroi de Nîmes. Le Guide des pèlerins fait allusion, comme on a vu, à cette fabuleuse conquête, et il est facile de relever à Nîmes les traces d'un culte ancien de saint Guillaume. On y célébrait encore au xviu° siècle, peut-être y célèbre-t-on encore sonoffice. C'était un semi-duplex, c'est-à-dire une fête assez solennelle1. Un bréviaire à
1 . Proprium insignis ecclesiae cathedralis et diocoesis Nemausensis ,jussu . . .D .CaroliP 'rudentii de Becdelièvre , épiscopi Nemausensis... editum, Nemausi, 1757. On y trouve un office de saint
l'usage du diocèse de Nîmes, qui date du xve siècle, indique cette fête au calendrier (le 28 mai) i. En outre, la plus ancienne église qui, à ma connaissance, ait été mise (après l'église de Gellone) sous l'invocation de saint Guillaume, a été fondée, en 1050, à Nîmes. Elle s'appelait Saint-Guilhem-de-Vignole 2.